De la citoyenne rassembleuse Michèle Rubirola à apparatchik socialiste Benoît Payan : Marseille, un inquiétant laboratoire avant 2022.

Le socialiste Benoît Payan
Le socialiste Benoît Payan © AFP / CLEMENT MAHOUDEAU

Direction Marseille où un nouveau maire va être élu ce matin... 6 mois après les municipales ! 

Dans quelques heures à peine, Michèle Rubirola va rendre le fauteuil qu’elle avait ravi à Jean-Claude Gaudin au mois de juin dernier. La maire de Marseille a annoncé la semaine dernière qu’elle comptait démissionner, et elle a proposé que ce soit son premier adjoint, le socialiste Benoît Payan, qui la remplace. 

En échange de quoi, elle deviendra à son tour la numéro 2 de l’Hôtel de ville. Ni vu ni connu, ce petit jeu de chaises musicales devrait en plus se dérouler sans heurt, puisque la droite n’a même pas souhaité présenter de candidat, ne serait-ce que pour la forme… Bref, les Marseillais se réveilleront donc demain matin avec un premier édile certainement très compétent… Mais pour lequel ils n’ont tout simplement jamais voté.  

Disons en tout cas que ça m’étonne

Parce que sans juger le moins du monde les raisons qui ont conduit Michèle Rubirola à démissionner - surtout si elles sont d’ordre médical -, il y a en revanche un vrai sujet démocratique derrière ce qui est en train de se jouer ce matin. Parce que durant la campagne, les arguments du Printemps Marseillais ils étaient clairs, ils étaient percutants : il s’agissait de présenter une candidature citoyenne, et de rompre une fois pour toute avec le système Gaudin qui enkystait la ville depuis 25 ans… Et la condition sine qua non de cette ambition, c’était de présenter une parfaite inconnue, qui incarnerait mieux que personne l’idée de rassemblement, et le principe du collectif. Or Benoît Payan, celui qui s’apprête à devenir maire ce matin, et bien il est à l’opposé de ce que je viens de décrire. 

C’est un pur produit du PS, qui réussit l’exploit d’être à la fois très jeune - c’est un quadra - et d’être un apparatchik comme il ne s’en fait plus beaucoup de nos jours. 

On connaissait l’adage "diviser pour mieux régner"… on a découvert la suite : "rassembler pour mieux gagner… mais pas pour mieux gouverner" ! 

Je le dis sur un ton ironique mais ce qu’il s’est passé à Marseille, croyez-moi, ça donne des sueurs froides à tous ceux qui misaient sur l’union de la gauche pour 2022. Et à l’inverse, ça rassure la droite et les macronistes, qui cherchaient désespérément des arguments pour contrer une éventuelle candidature rose-verte d’Anne Hidalgo… Et bien les voilà servis sur un plateau.

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