Par Renaud Dély

Premier secrétaire du PS, en ce moment, c’est le pire job du monde. Un job dont Jean-Christophe Cambadélis rêvait depuis presque vingt ans, très exactement depuis 1997 quand Lionel Jospin a donné le poste à François Hollande. Depuis bientôt deux ans, Cambadélis est donc enfin le patron du PS. Et c’est un vrai sacerdoce. J’ai déjeuné cette semaine avec lui et je vous assure que quand il vous raconte son boulot, ça ne donne pas envie de le lui piquer…

Jean-Christophe Cambadélis
Jean-Christophe Cambadélis © capture d'écran

Parce que le patron du PS doit s’efforcer de comprendre où veut en venir le Président. Et ce n’est pas simple. François Hollande est d’humeur fluctuante, changeant d‘avis au gré des circonstances . Quand on lui parle du chef de l’Etat, à table, entre deux bouchés, Cambadélis lâche un soupir, et un euphémisme : « Je connais l’animal, dit-il, disons que François Hollande n’est pas un idéologue… »

C’est le moins qu’on puisse dire. Voilà un mois que le patron du PS, grognon mais loyal, cherche une issue de secours pour sortir Hollande du guêpier dans lequel il s’est fourré avec la déchéance de nationalité qui fâche la gauche. Et là, on arrive au deuxième boulot, du premier secrétaire du PS, pas plus facile que le premier celui de bon Samaritain de la gauche. Quand Cécile Duflot ne parle plus à Manuel Valls qui ne parle plus à Jean-Luc Mélenchon qui ne parle plus à François Hollande, etc, Cambadélis,lui, il doit parler à tout le monde . Il doit même faire comme s’il croyait à une primaire de toute la gauche pour désigner un candidat unique en 2017.

Il passe le plus clair de son temps à s’occuper des socialistes, enfin, de ceux qui restent...

Là, ce qui lui complique la tâche, ce sont les coups de gueule de Manuel Valls et les provocations d’Emmanuel Macron . A chaque fois que l’un des ces deux-là l’ouvre, sur la laïcité, la sécurité ou pour plaindre ces pauvres chefs d’entreprise bien plus malheureux que les salariés comme l’a dit Macron hier, Cambadélis soupire, lève les yeux au ciel… et s’efforce de ramener le calme parmi ses troupes. Il doit surtout fermer les portes du siège, rue de Solférino, pour empêcher les militants de s’enfuir.

Sans oublier de réconforter les centaines d’élus battus aux régionales, départementales et municipales. Bref, « Patron du PS en ce moment, « c’est « Mission impossible », s’amuse un ministre, et Cambadélis, c’est un peu notre Jim Phelps à nous ». Sauf que les mauvaises langues prétendent que depuis qu’il a accepté cette mission, ce n’est pas la bande qui s’autodétruit, c’est la gauche.

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