Pour bien comprendre Emmanuel Macron, il faut lire l’Anglais…

Par Etienne Gernelle.

Savez-vous, par exemple, ce que regrette Macron, ce qu’il pense avoir fait de mal depuis le début de son mandat ? Vous le trouverez dans un livre qui vient de sortir au Royaume-Uni. Un livre intitulé « Révolution française, Emmanuel Macron, the quest to reinvent a nation » -  « la quête pour réinventer une nation ». C’est édité chez Bloomsbury, et l’auteure se nomme Sophie Pedder. Elle dirige le bureau de The Economist à Paris. 

Des livres sur Macron, il y en a beaucou^p, mais celui-là, c’est un des tous meilleurs. 

Pourquoi ? Parce qu’il y a du fond, sur la France, l’Europe, l’économie, la culture

Après tout, l’auteure est une journaliste de The Economist, ce n’est pas le Journal de Mickey. Mais il y a aussi d’étonnantes confidences.

Alors justement, ses regrets, quels sont-ils ? 

En vrac : il regrette ses sorties sur « ceux qui ne sont rien » et les « paresseux », il regrette de n’avoir pas lancé un audit sur les prisons plus tôt, il regrette, plus généralement, de « ne pas avoir fait des choses suffisamment tôt ». 

Il parle de lui, également, de son sentiment d’être un « bâtard », comme son chien Nemo, car il n’appartient vraiment, selon lui, à aucun monde. Il raconte comme il s’est senti étranger chez Rotschild parce qu’il n’était pas un vrai banquier, étranger à l’Elysée sous Hollande, où on le considérait comme un banquier. Il raconte comment sa vie personnelle l’a mis dans cette situation très tôt, préférant, dans sa jeunesse, la fréquentation de sa grand-mère aux copains de classe, la littérature et le piano aux boums.  Il dit que tout cela, les « choix qu’il a faits », l’ont conduit à être « un peu à part ».

Ces confidences en disent beaucoup sur le personnage. Et sur son action actuelle, comme par exemple son admiration doublée d’impatience envers l’Allemagne, dont « l’hégémonie » en Europe n’est pas « durable », selon lui. 

Cela veut dire que Sophie Pedder a pu lui parler longuement. On croyait que l’Elysée c’était Fort Knox… Peut-être qu’il ne n’est pas méfié, Emmanuel Macron. Mais de fait, il lui a parlé comme il ne le fait pas avec les journalistes français. Sacrés Anglais ! 

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