Ils ne seront pas seuls, une quarantaine d’autres organisations de gauche seront également présentes. Mais pour la CGT, c’est un sacré changement. C’est même un virage doublement historique.

Par Renaud Dély.

En défilant avec un parti politique, la CGT semble oublier les préceptes de la Charte d’Amiens, ce texte qui date de 1906 et qui établit en France l’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis politiques.

La CGT a toutefois longtemps été proche du parti communiste 

Mais ça, c’était avant. Avant la rupture mise en œuvre par Bernard Thibault. Jusque là, les secrétaires généraux de la CGT étaient non seulement membres, mais dirigeants du PCF. Ils appartenaient au comité central. Dans les années 90, Bernard Thibault a entériné une vraie prise de distance. Il a coupé le cordon ombilical avec le PCF et il a essayé de moderniser la CGT en l’entraînant sur une voie qui ne soit pas seulement protestataire mais aussi plus constructive. 

Avec Philippe Marinez, la CGT vit un retour en arrière 

En tout cas, les débats internes ont été rudes, la centrale s’est divisée, Philippe Martinez lui-même était réticent, et il a donc fini par céder à l’attraction de la France Insoumise.  C’est sans doute une façon de mettre en scène dans la rue la fameuse « convergence des luttes ». Il n’empêche qu’on a vu le 5 mai comment Jean-Luc Mélenchon avait récupéré à son profit la « fête à Macron » organisée par le député François Ruffin. La CGT prend donc le risque de se faire instrumentaliser à son tour. Un choix qui réjouit le patron de la France Insoumise bien sûr, mais aussi Emmanuel Macron parce qu’à l’Elysée, on est convaincu que si Jean-Luc Mélenchon incarne la seule opposition, le chef de l’Etat n’a pas grand souci à se faire.     

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