Par Marcelo Wesfreid

Ça se bouscule à gauche pour tenter d'incarner une alternative à François Hollande. C'est le cas notamment de Marie-Noelle Lienemann, qui va annoncer dans quelques jours sa candidature, dans l’hypothèse d’une primaire à gauche.

Marie-Noëlle Lienemann, celui qui en parle le mieux, c'est Jean-Luc Mélenchon. Il a une formule marrante :

« A la fin du monde, après l'exposition d'une bombe nucléaire, il ne restera plus que les cafards et Marie Noelle Lienemann ! »

Ce que veut dire Mélenchon, amicalement, parce que ces deux-là s'apprécient, c'est que Marie-Noëlle Lienemann est indestructible. Et c'est vrai. A 65 ans, elle a participé au congrès de fondateur du PS en 1971 à Epinay. Elle a été ministre sous Pierre Bérégovoy, sous Lionel Jospin. Aujourd'hui, elle est sénatrice de Paris.

Le 31 mars, elle publie un livre à charge contre François Hollande. Ça s'appelle « Merci pour ce changement », un mélange de Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler et de « le changement c'est Maintenant », le slogan de la présidentielle. Dans ce livre, elle annonce qu'elle sera candidate s'il y a une primaire à gauche.

Marie-Noelle Lienemann veut être la vraie candidate de l'aile gauche, elle veut revenir aux fondamentaux, version Jean Jaurès. « Avec Hollande, on fonce comme des maboules vers la dérégulation » . Elle parle comme ça, Lienemann.

Son programme, c'est une politique de grands travaux, c'est l'investissement. Elle veut un régime vraiment parlementaire. Elle est soutenue par l'un des courants du PS. Celui de Jérôme Guedj ou d'Emmanuel Maurel. Elle a des soutiens aussi parmi les communistes et les écologistes. La gauche plurielle, quoi...

Ça va commencer à être l'embouteillage sur l'aile gauche et c'est une mauvaise nouvelle pour Arnaud Montebourg et pour Benoît Hamon. A force d'attendre, de préparer dans l'ombre leurs manœuvres, ils sont en train de laisser le terrain libre à d'autres. Pire, Marie-Noëlle Lienemann est très sévère contre eux. Elle dit, « moi, je n'ai pas été mêlée à leurs pirouettes politiques ». Elle rappelle, à juste titre, que Montebourg, comme Hamon, ont fait alliance avec Manuel Valls en 2014.

Alors que va faire Lienemann ? Elle va faire la tournée des librairies pour dédicacer son livre. Elle doit se faire connaître du grand public. Mais elle ne s'en inquiète pas et vous répond, en toute modestie : « Ce n'est pas un problème. La notoriété de Bernie Sanders, au début, était epsilonesque. »

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