François Hollande a cherché à récupérer la victoire des Bleus mardi soir, et il a eu raison de le faire.

les bleus à rio
les bleus à rio © reuters

C’est en effet un joli coup et c’est bien joué de la part du chef de l’Etat. Il récupère à son profit la victoire des bleus, je vous laisse imaginer ce qu’aurait fait à sa place son prédécesseur ! La même chose. Ecoutez ce que disait François Hollande après le coup de sifflet final mardi soir sur TF1 :

"Il faut y croire, il faut y aller". Vous noterez que le match est fini mais que le Président continue de parler au présent… Toute ressemblance avec une situation et des personnages existants n’est évidemment pas fortuite !

La ficelle est très grosse mais le Président aurait tort de ne pas l’utiliser. Surtout que mine de rien, François Hollande a pris un risque : pas grand monde pariait sur la victoire des Bleus. D’ailleurs, dans la journée, l’Elysée faisait savoir qu’il regarderait le match à la télévision chez lui. Mais le Président en a décidé autrement qui a tenu à venir au Stade de France voir ce match de qualification, soutenir l’équipe, et évidemment, profiter de la victoire.

En quoi cette victoire peut lui profiter ?A la fin du match, devant TF1, il y a plus de 18 millions de téléspectateurs ! L’occasion est trop belle de leur envoyer un message : il faut avoir confiance dans le capitaine qui va conduire l’équipe France à la victoire. Donc il faut me soutenir. Pas très subliminal comme message, mais un politique qui ne tente pas de récupérer une victoire sportive, commet quand même une faute.

D’autant que d’autres l’ont fait avant lui. En 1998, Lionel Jospin, premier ministre, et Jacques Chirac, président de la République, se chamaillaient pour montrer qu’ils étaient les meilleurs supporteurs de l’équipe de France ! On était en pleine cohabitation et les deux assistaient aux matchs et rivalisaient dans les communiqués de soutien.

Résultat, au lendemain de la victoire leur cote de popularité s’est envolée. En un mois Chirac gagnait 13 points et passait de 45 à 59% de bonnes opinions chez TNS-Sofres. Et Jospin grimpait de 62% à 71%. De quoi faire rêver un François Hollande scotché à 21% aujourd’hui.

On peut donc pronostiquer une hausse de la cote de popularité de François Hollande. Mais attention, mardi la France n’a pas gagné la Coupe du Monde. Elle a juste gagné le droit d’y participer. L’exploit n’est pas le même qu’en 1998 donc l’euphorie va vite retomber et le réel rapidement reprendre le dessus. Ce matin les agriculteurs bloquent les accès à Paris, le 30 novembre les Bretons redescendent dans la rue à Nantes et la grogne contre la hausse de la TVA en janvier prochain est loin d’être éteinte.

Cette victoire redonne un peu d’oxygène au Président, permet aux médias de traiter d’autres sujets que ses difficultés et conforte l’image qu’il voulait installer d’un président courageux. Mais faute de résultats probants sur le chômage et le pouvoir d’achat, la rechute peut être brutale. Lionel Jospin, si populaire en juillet 1998, a été balayé par les électeurs quatre ans plus tard dès le premier tour de la présidentielle.

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