Par Nathalie Schuck.

Le débat des primaires de la droite et du centre
Le débat des primaires de la droite et du centre © AFP / Philippe Wojazer / Pool

Entre François Fillon et Alain Juppé, il n'y a pas trop de cadavres, et même pendant un temps, ils étaient assez copains pour partir ensemble en goguette. C'était à l'été 2002, Juppé et Fillon s'étaient offerts une petite virée tapas au pays basque ! Ils s'apprécient. Et ils le disent.

Fillon le confiait en off en 2014 : « Juppé, c'est un type bien. Je n'ai pas de problèmes avec lui. Ce n'est pas un voyou, pas un tordu, pas un gredin ». Un an plus tard, en 2015, ils tenaient un meeting ensemble en Gironde. Et Juppé lançait : « François est un ami de longue date. On ne s'est jamais vraiment disputé ». Ce qui veut dire un peu quand même. Allusion au fait que Fillon a été proche de Philippe Séguin, le grand rival de Juppé.

Mais pour le reste, c'est match nul. Ils ont tous les deux été Premiers Ministres, et tous les deux été l'employé de l'autre : Fillon a été Ministre des Télécoms de Juppé en 1995, et Juppé Ministre de la Défense et des Affaires étrangères de Fillon. Enfin, ils ont un grand ami commun, le préfet Patrick Stefanini, qui dirige la campagne de Fillon.

En vérité, il y a deux petits nuages, toujours coincés. Le premier date de 1995 : Juppé, Premier ministre, avait copieusement enguirlandé Fillon, ministre, sur la privatisation de France Télécom. Fillon raconte : « Il était fou de rage! J'en ai gardé un mauvais souvenir ». Juppé, lui, n'a pas pardonné à Fillon de l'avoir obligé à quitter le gouvernement parce qu'il avait été battu aux législatives de 2012.

Et puis n'oubliez jamais que Jacques Chirac, le père spirituel de Juppé, n'aime pas trop Fillon. Il disait de lui : « c'est un maurrassien pétri par les prêtres de la Sarthe ». Plus récemment, entre eux, il y a eu une femme. Valérie Pécresse, qui a quitté Fillon pour Juppé. Quand elle a annoncé la rupture à Fillon, il lui a lâché : « Tu as tort, je serai au second tour ». Bien vu !

Pour Juppé, cela va être dur de battre Fillon. D'autant plus dur que Juppé n'a pas vu venir Fillon l'outsider. Début novembre, un fidèle de Juppé disait, condescendant : « Fillon fait une campagne honorable, mais bon, rien à faire, c'est Fillon... » Résultat : Juppé n'a rien préparé, zéro munition, à part dire « c'est Thatcher, il va déclencher une révolution « …

Venant d'un Juppé qui a mis la France dans la rue en 1995, c'est un peu court ! Les juppéistes, de toute façon, avouent en off que c'est plié. Hier, selon plusieurs sources, Juppé a vraiment envisagé de se retirer. Fillon lui aurait demandé de se maintenir.

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