Laurent Wauquiez a récemment comparé l’extension de la PMA à l’eugénisme mené par le régime nazi… Avec ses propos extrêmes, il cherche à séduire l’aile la plus conservatrice de son électorat. Est-ce que c’est une bonne stratégie ?

Sur le fond, on pourrait le penser. Car Laurent Wauquiez se fait d’abord le porte-parole d’une grande partie des membres et des sympathisants des Républicains.  Le patron des LR reprend, en plus, un thème qui, en novembre 2016, avait véritablement propulsé François Fillon au poste très convoité de candidat officiel des LR à la présidentielle. L’ancien maire de Sablé sur Sarthe était à l’époque inspiré et soutenu par Sens Commun, une émanation de la Manif pour Tous massivement mobilisée contre le mariage gay. Un mouvement de droite radicale devant lequel Wauquiez s’exprimait dimanche. 

Le problème est dans le ton de Laurent Wauquiez

Dans son langage qui déroute parfois. Du « bullshit » au « guignols d’En Marche » en passant par les « conneries » de Valérie Pécresse.  Et de ses raccourcis historiques et idéologiques qui peuvent laisser pantois, comme celui auquel il s’est laissé aller dimanche dernier. Un manque de tenue  qui traduit une volonté de paraître plus proche des Français ou une « apathie intellectuelle » - qui comme le souligne Bruno Retailleau, le patron des sénateurs républicains, est «la maladie chronique de la droite » ? En tout cas, le but poursuivi en tenant de tels propos a peu de chances d’être atteint. Tout le monde l’aura compris, en faisant de la surenchère sur l’immigration ou l’extension de la PMA, Wauquiez cherche à braconner sur les terres du Rassemblement national. Il pense ainsi réunir sous sa bannière les trois droites historiques de l’échiquier politique:  la droite ultra, la droite libérale en matière de gestion des deniers publics, et la gaulliste avec ses prises de position en faveur des Français modestes, on le voit aujourd’hui avec les Gilets Jaunes. Seulement voilà. Le parti de Marine Le Pen est plus uni et donc plus crédible sur la question. Wauquiez risque d’aggraver les fissures qui depuis la présidentielle et les législatives, fragilisent son parti, et au final, il risque de s’isoler. La pire des menaces qui puisse peser sur un homme politique dont l’horizon est l’Elysée.

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