Jérôme Cahuzac et Thomas Thévenoud sont deux étoiles montantes du PS fauchées en pleine ascension. Pour mémoire, l’un avait un compte en Suisse ; l’autre ne payait pas ses impôts. Depuis leur chute, ils ont disparu des écrans radars. Que deviennent-ils ?

jérôme cahuzac interdit d'excercer la médecine pendant trois mois
jérôme cahuzac interdit d'excercer la médecine pendant trois mois © reuters

Cette question, je l’ai posée à un ami de Jérôme Cahuzac. La réponse a été claire : « Rien ». Il y a eu des rumeurs sur une reconversion dans l’immobilier de luxe. C’était faux. Il ne travaille plus, Jérôme Cahuzac. Il est très seul. Et il s’ennuie. Voilà ce qu’il a confié à un ami : « Je me lève le matin sans savoir ce que je vais faire. Et je me couche le soir sans avoir rien fait. »

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En réalité, l’ancien ministre prépare son procès. Et il passe du temps avec un confident : Jean-Luc Barré .

L’historien prépare un livre sur l’affaire. Petite info : ce livre s’appelleraDissimulations et sera publié en 2016 chez Fayard.

Pour Thévenoud, est-ce aussi compliqué ?

Thomas Thévenoud, démissionnaire neuf jours après sa nomination
Thomas Thévenoud, démissionnaire neuf jours après sa nomination © Maxppp / Thomas Padilla

Lui avait songé à s’exiler en… Argentine. En fait, non. Il est resté député. Il continue de labourer sa circonscription, en Saône-et-Loire. On s’est parlés au téléphone hier. Il m’a dit : « Je suis un peu remonté sur mon cheval. Même s’il ne galope plus à la même vitesse... ». Mais soyons clairs : l’ancien ministre reste en quarantaine. A l’Assemblée, il siège tout en haut de l’hémicycle, à côté d’une ex-députée PS qui a été condamnée pour détournement de fonds publics. Le banc des bannis. Lui aussi, il a perdu beaucoup d’amis. Certains députés tournent la tête quand ils le croisent.

Y a-t-il une vie après une mort politique ? Certes, en politique, on n’est jamais mort. Mais pour Cahuzac et Thévenoud, le rebond est compliqué. D’abord, parce qu’ils restent empêtrés dans le volet judicaire de leurs affaires. Ensuite, parce qu’ils sont, je cite un socialiste : « in-em-bau-cha-bles ».

Et puis, il y a un aspect psychologique, qui peut empêcher de tourner la page: le déni. Petite info : avant l’été, Cahuzac a réuni quelques soutiens à Villeneuve-sur-Lot. Devant eux, il s’est posé en victime : « J’ai payé le fait d’être trop brillant. A Paris, je faisais de l’ombre ». On ne peut pas dire qu’il soit étouffé par le remord !

Thévenoud non plus. Il m’a encore dit hier : «J’ai commis une faute mais je ne suis pas un assassin. Remettons les choses à leur place ». Il a d’ailleurs décidé de se représenter aux législatives de 2017. Même s’il est un peu seul à croire en ses chances.

Il faut dire que son nom, comme celui de Cahuzac, restent tabous. Je vous cite un député PS, très remonté : « Ces types nous ont plombés. Je ne veux plus jamais en entendre parler ! »

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