On l’aurait presque oublié mais Emmanuel Macron doit nommer depuis maintenant dix jours un nouveau candidat français à la Commission européenne.

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Pier Marco Tacca

Toujours pas d'heureux élu !

Depuis le désastre du 10 octobre dernier, quand la candidature de Sylvie Goulard a été balayée par les eurodéputés, signant un désaveu inédit pour la France, Emmanuel Macron a les plus grandes difficultés à trouver un remplaçant. Les vocations ne manquent pas dans son entourage, mais le chef de l’Etat ne peut pas se permettre une deuxième humiliation d’affilée. Il doit donc trouver le profil parfait, expérimenté et expert sur les sujets industriels, numériques et de défense, qui composeront le portefeuille du prochain commissaire français. Un peu le mouton à cinq pattes, aujourd’hui.

Ce ne sera pas forcément une femme, comme annoncé initialement 

Effectivement, en premier lieu, l’Allemande Ursula von der Leyen, présidente désignée de la Commission, avait exigé la nomination d’une femme, pour que son collège soit entièrement paritaire. Le poste a été proposé à Florence Parly, la ministre des Armées, qui a refusé. Depuis, l’Elysée tente de rallier Bruxelles à l’idée que la quasi-parité, c’est presque aussi bien que la parité totale, et qu’il est donc possible de nommer un homme. Au gouvernement, Edouard Philippe et Jean-Yves Le Drian poussent la candidature de Michel Barnier, l’actuel haut-représentant de l’Union européenne pour le Brexit.

Michel Barnier sera le prochain commissaire européen français ?

Non, rien n’est fait, ce serait trop simple. Certes, Michel Barnier a le profil. Il a déjà été ministre, commissaire européen pendant neuf ans, il connait tous ces sujets par cœur, et est unanimement respecté à Bruxelles. Oui, mais Michel Barnier a commis un péché impardonnable pour le président français : il est toujours membre du Parti populaire européen (PPE), le principal parti de droite en Europe, qui a manœuvré pour faire rejeter la candidature Goulard. Et faire un cadeau à ceux qui l’ont humilié, ce n’est pas trop l’état d’esprit Macron. Symboliquement, le fondateur d’En Marche acterait également le fait qu’il manque cruellement de talents disponibles dans sa formation politique. Ce serait un choix douloureux, donc. 

Dans tous les cas, le temps où le chef de l’Etat était qualifié par le Time de « leader de l’Europe » semble très très loin.

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