Il est possible de parler beaucoup - sans faire de bruit, du tout : un paradoxe qui touche la droite française.

Par Quentin Laurent, journaliste au Parisien / Aujourd'hui en France.

Les responsables de la droite, vous les voyez partout, plusieurs fois par jour, sur les plateaux, dans les journaux, pour parler de l’attentat de Conflans.

Mais qu’est-ce qu’on retient ? Le message qu’ils portent n’est pas reçu.  

C’est surprenant, parce que le régalien, la lutte contre le communautarisme, l’arsenal législatif dont la France pourrait se doter pour faire face à la menace terroriste islamiste, c’est leur domaine, ils connaissent ça par cœur. 

Depuis 2015, les députés de droite ont rédigé 37 propositions de loi contre le terrorisme. 

Ils jouent à domicile ! Et pourtant, ils ne marquent pas de but. 

Mais pour mettre le ballon dans les filets, pas de miracle : il faut jouer en équipe. 

Sauf que depuis plusieurs jours, c’est chacun pour soi. 

Damien Abad le patron des députés LR propose la fermeture des mosquées radicalisées, une modification de la constitution pour avoir une laïcité plus exigeante

Eric Ciotti, il parle d’interdire le port du voile pour les usagers des services publics. 

Le chef des sénateurs, Bruno Retailleau, veut un référendum sur le regroupement familial et l’immigration… quand le président de la région Sud, Renaud Muselier propose tout simplement « d’arrêter l’immigration » 

Et enfin, le patron du parti Christian Jacob, souhaite utiliser le Référendum d’initiative partagée pour mettre la pression sur Emmanuel Macron sur les sujets sécuritaires. 

Ajoutez à ça, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui eux sont partis de LR et qui font aussi des propositions dans leur coin : 

Ça donne une impression de cacophonie.  

Alors dans ces conditions, comment est-ce que vous voulez que les électeurs puissent se faire une idée de ce que propose la droite républicaine française ? 

Ce n’est pas uniquement un problème pour la droite, mais aussi pour la démocratie ! 

Parce que quand les oppositions républicaines ne sont plus audibles, ce sont de fait les leadeurs des extrêmes qui le deviennent. 

Prenez Marine Le Pen : lundi elle ne s’est pas embarrassée de nuance pour exiger « une législation de guerre » et ça, tout le monde l’a entendu. 

Donc, charge à la droite, qui a gouverné le pays pendant pas loin de 40 ans, de s’organiser, de régler ses problèmes de chapelle. 

Parce que tant que Les Républicains ne seront pas sortis de leurs conflits de personne, qu’ils ne se seront pas trouvé un leader capable de porter une ligne claire, ils resteront inaudibles sur le plan de idées.