Par Judith Waintraub

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy lors d'un meeting régional de Virginie Calmels en octobre 2015
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy lors d'un meeting régional de Virginie Calmels en octobre 2015 © Maxppp / Thomas JOUHANNAUD

Le moral des troupes, ça ne suffit pas pour gagner une bataille mais c’est indispensable. Et Nicolas Sarkozy sait l’entretenir sans doute mieux que tous ses concurrents à droite.

A ses équipes, il déclare que c’est gagné, ou presque. On est le 21 septembre et il y a quatre semaines jour pour jour, Nicolas Sarkozy annonçait officiellement sa candidature en publiant son livre Tout pour la France. Lundi matin, quand il a réuni son équipe de campagne, il a fait le bilan de ce premier mois et autant vous dire que pour lui, c’est un bilan globalement positif. Il leur a affirmé qu’il avait atteint ses objectifs, en insistant sur les sondages : dans les intentions de vote à la primaire, il fait désormais jeu égal au premier tour avec Alain Juppé.

Au premier tour, oui, mais au second, Alain Juppé continue à le battre ! Mais pour Nicolas Sarkozy, il fallait d’abord combler l’écart du premier tour et il considère que c’est fait : il a rappelé qu’en juin encore, certains sondages le mettaient jusqu’à vingt points derrière Alain Juppé. Et il a deux raisons d’espérer que la courbe continue à s’inverser en sa faveur. La première, c’est la nervosité qui semble gagner le camp Juppé. Vous vous rappelez que vendredi dernier, après son meeting à Strasbourg, Alain Juppé a très mal vécu que les journalistes l’interrogent sur Nicolas Sarkozy, qui l’avait accusé d’être prêt à des accommodements raisonnables avec les extrémistes musulmans. Juppé est sorti de la conférence de presse en disant à ses proches : « Ils me font tous chier ! »

Nicolas Sarkozy a beaucoup apprécié la scène, racontée par Le Parisien. Il a dit à son équipe de campagne : « A côté de Juppé, je suis un modèle de zénitude ! »

Mais il y a une autre raison, de fond, qu’il a aussi développée devant ses troupes : c’est le positionnement d’Alain Juppé. Sarkozy considère que son rival fait une erreur en se positionnant dès la primaire comme un candidat du centre – devant son équipe, il a même dit « du centre gauche ». C’est pour ça qu’il en rajoute en répétant :

Moi, je suis candidat à la primaire de la droite et du centre, pas à la primaire de la droite, du centre et de la gauche.

Selon lui, les centristes n’ont jamais fait une élection à droite, et les sympathisants de gauche encore moi ! Il vaut beaucoup mieux tabler sur le cœur de cible, les adhérents des Républicains, et sur les électeurs du Front national. Mais il se garde bien d’envisager que ces électeurs en question participent à la primaire pour faire gagner Alain Juppé, que Marine Le Pen considère comme un adversaire bien plus commode pour elle. Elle l’a dit d’ailleurs hier matin quand elle a expliqué que si Nicolas Sarkozy gagnait la primaire, il provoquerait un tel rejet que ça pourrait ouvrir ce qu’elle a appelé un « trou de souris » pour François Hollande. Après tout, les électeurs aussi peuvent avoir une stratégie.

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