De fait, cela chauffe pour Philippot au FN, il est accusé d’avoir mené son parti dans le mur. De fait, Mélenchon se porte bien, il a même écrasé ce qui restait des communistes.

Florian Philippot
Florian Philippot © AFP / JOEL SAGET

Par Etienne Gernelle

Quant au rapport entre les deux : c’est le programme, pardi ! Je parle ici d’économie seulement, parce que sur l’immigration, par exemple, ce n’est pas du tout la même histoire. Mais sur l’économie il y avait plus que des similitudes entre le programme de Mélenchon et celui de Le Pen, fortement inspiré on le sait par Philippot.

Tous deux plaidaient pour la retraite à 60 ans, l’abrogation de la loi El Khomri, l’augmentation des dépenses publiques. Ils prônaient un protectionnisme« solidaire » pour l’un, « intelligent » pour l’autre, et contestaient tous deux les règles budgétaires européennes. Et j’en passe...

Deux programmes du repli sur soi

Une sorte de « socialisme dans un seul pays ». Mélenchon n’a jamais demandé la sortie de l’euro, mais c'est justement la clef ! Alors que le FN demandait ouvertement la sortie de l’euro, Les Insoumis voulaient juste que l’on dise aux autres pays de la zone euro qu’on allait leur imposer nos vues, et qu’ils n’avaient qu’à la boucler. Et payer.

Le programme de Mélenchon, s’il avait été appliqué, nous aurait sans doute conduit à nous faire expulser de la zone euro, mais lui faisait comme si il ne voulait pas en sortir. Malin Mélenchon. Malin, car la sortie de l’euro fait peur. A juste titre ailleurs. Et Mélenchon, lui, n’a jamais verbalisé l’issue de son programme. Il ne subit donc pas le même désaveu que le FN. La morale de l’histoire est la célèbre sentence du Cardinal de Retz, souvent cité par Mitterrand : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment ».

Et c’est ainsi - et je me prépare à me faire des ennemis avec cette formule - que Mélenchon est devenu une sorte de Philippot qui a réussi

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