Il y a trois ans jour pour jour, c’était le premier tour de la présidentielle. A l’époque, François Hollande rassemblait 28,6% des suffrages. Aujourd’hui, les derniers sondages ne lui accordent que 15%.

A-t-il raison de garder le moral?

Les voeux 2015 de François Hollande
Les voeux 2015 de François Hollande © capture d'écran

Franchement, on se le demande, car c’est un drôle d’anniversaire pour François Hollande. Vous l’avez dit, plus de la moitié des électeurs qui avaient voté pour lui le 22 avril 2012 ne le referaient pas. Ce critère est intéressant parce qu’il nous dit où est son noyau dur, car c’est à partir de cette armée de fidèles qu’un candidat se lance à la reconquête d’un électorat plus large.

J’ai regardé ce qu’il en était pour Sarkozy deux ans avant la fin de son quinquennat. En avril 2010, il gardait encore la confiance de 60% des électeurs du premier tour de 2007. Deux ans plus tard, il n’aura pas récupéré suffisamment d’électeurs au premier tour, et il sera battu. Hollande a un passif beaucoup plus grand chez ses électeurs de premier tour, et on voit mal comment il réussirait à remonter la pente.

François Hollande pourrait finalement renoncer à se présenter ? C’est difficile à imaginer, mais pas impossible. Pour l’instant, Hollande semble être décidé à briguer un deuxième mandat.

Mais tous ne parient pas sur sa candidature : l’un de ses proches me rappelait hier que l’événement le plus marquant de la vie politique d’Hollande a été le 21 avril 2002. Selon cet ami, « le Président ne prendra jamais le risque d’être l’acteur d’un deuxième 21 avril si quelqu’un est clairement mieux placé que lui dans les sondages pour qualifier le parti au deuxième tour ».

D’ici là, que va-t-il faire pour rester dans la course ?

Hollande voit se dessiner un fragile scénario, le seul jouable pour lui. C’est un scénario en quatre temps.

Primo : rassembler la famille socialiste. Il devrait y arriver dès le Congrès du PS, dans un mois à Poitiers. Ce ne sera pas un Congrès fratricide, car quand on perd des militants et des élections et qu’on est au pouvoir, on ne s’entretue pas en plus du reste. D’ailleurs, si on regarde la motion des frondeurs, elle commence même par quelques paragraphes positifs sur les avancées du quinquennat.

Secundo : recréer une dynamique d’union à gauche. Hollande y croit, et il pense qu’elle évitera une nouvelle déroute aux élections régionales, et redonnera le moral à ses troupes.

Tertio : engranger en 2016 les fruits de la croissance retrouvée.

Quarto : parier sur la victoire de Sarkozy aux primaires de la droite, car contre Sarkozy, Hollande est sûr de récupérer les électeurs du centre.

Si toutes ces conditions sont réunies, le Président considère que c’est jouable.

Vous l’avez compris, la maxime politique de Hollande n’a pas changé : quand tout va mal, ça ne peut qu’aller mieux.

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