A la place de l’allocution jamais diffusée en raison de l’incendie de Notre-Dame, le chef d’État a décidé d’organiser une conférence de presse à l’Elysée.

Il s’agit là d’une solution de secours, bricolée dans l’urgence. Car dans cette affaire, Emmanuel Macron, le « maître des horloges », se retrouve complètement piégé par l’enchainement des évènements. Son allocution de lundi dernier n’a jamais été diffusée mais chacun sait précisément ce qu’elle contient puisque le texte exact a fuité dans la presse. Autrement dit, le choc, l’effet de souffle que devaient susciter son adresse solennelle à la Nation se retrouve réduit à néant. Dans ces conditions, le Président est contraint de passer directement à la phase deux de son plan de communication. La phase deux, c’est justement cette partie de ping-pong verbal avec les journalistes, pour détailler ses réformes.   

Ces mesures peuvent-elles être différentes de celles qui ont fuité dans la presse ?

Ce serait extrêmement étonnant. Sauf immense surprise, il faut considérer que les mesures annoncées lors de l’allocution avortée de lundi dernier sont sanctuarisées. Pour une raison simple, c’est qu’un revirement aussi rapide serait injustifiable politiquement pour le président, sauf à reconnaître qu’’il navigue à vue. Inimaginable. Il faut donc bien s’attendre entre autres à des baisses d’impôts, au retour de l’indexation des petites retraites sur l’inflation ou bien à la suppression de l’Ena.  

A quoi va servir cette conférence de presse ?  

A faire de la pédagogie. Dans l’entourage du président, on est persuadé qu’Emmanuel Macron n’est jamais aussi convaincant que quand il répond à des questions et qu’il est poussé dans ses retranchements. Le modèle, c’est ces exposés fleuves auxquels il nous a habitué pendant le grand débat. Ce format a tout de même un désagrément pour le locataire de l’Elysée, c’est qu’il l’oblige à détailler précisément ses réformes, et notamment les baisses d’impôts. Dans son allocution fantôme, Emmanuel Macron évoquait la nécessité pour les Français de « travailler davantage » pour financer ces mesures. Alors, s’agit-il de la suppression d’un jour férié, du recul de l’âge de départ à la retraite ? Le chef de l’Etat ne pourra pas louvoyer, il devra se prononcer clairement.

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