Sur le plan sanitaire, le déconfinement se fait chaque jour un peu plus précis, ou, en tout cas, moins imprécis… Mais qu’en est-il au niveau politique ?

Quel déconfinement pour Emmanuel Macron ?
Quel déconfinement pour Emmanuel Macron ? © AFP / Pascal GUYOT

Au plan du déconfinement politique, c’est carrément la bouteille à l’encre. Ces derniers jours, toutes les spéculations circulent. La plus loufoque, c’est la démission volontaire d’Emmanuel Macron. Dans le but de provoquer un électrochoc dans l’opinion. Autant dire que la rumeur est morte née. 

Mais il y a d’autres scénarios beaucoup plus crédibles... 

Comme un changement de Premier ministre et avec lui un changement de cap politique. Ou encore la constitution d’un gouvernement d’union nationale ouvert à toutes les formations. Ou enfin, la dissolution de l’Assemblée nationale afin, selon La France Insoumise ou le Rassemblement national, de redonner une légitimité politique à la représentation nationale.  

Chacune des pistes a ses limites : le départ d’Edouard Philippe ? Outre le fait que le président et son Premier ministre s’entendent plutôt bien, par qui remplacer celui qui est en lice pour la mairie du Havre ? Aucun nom ne tombe immédiatement sous le sens.

Un gouvernement d’union nationale ? Sous réserve de quelques-uns au sein des Républicains, on s’y oppose à droite comme à gauche. Quant à la dissolution, ce serait probablement suicidaire de la part d’Emmanuel Macron puisque son soutien politique le plus fort est le groupe LREM, majoritaire à l’Assemblée nationale. 

De quoi est-on sûr ? 

Une chose est sûre, c’est que le chef de l’Etat multiplie les contacts. Officiellement, avec les présidents des chambres parlementaires, les maires, certaines fédérations patronales. Et puis il reçoit aussi les fameux "visiteurs du soir" que tout président cultive et consulte. 

Ces derniers jours, on sait que Jean-Pierre Chevènement, l’ancien ministre socialiste ou encore Nicolas Sarkozy ont murmuré dans l’oreille du président. En tout cas, à entendre les plaintes de certains de ses ministres, Emmanuel Macron prendra sa décision, seul. 

Arrivera-t-il, comme après les "gilets jaunes", à imaginer une sortie de crise aussi inédite que le Grand Débat ? Décidera-t-il comme en 1936 ou en 1968, de réunir une sorte de "Grenelle", comme le demandent les Ecologistes. Ou alors comme en 1969, lancera-t-il un referendum ? Mais quelle qu’en soit la question, ce sera alors à ses risques et périls. En 1969, même le Général De Gaulle en avait les frais.

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