Ce matin, rétrospective des écarts de langage en politique...

Il faut dire que le cru 2014 a été particulièrement riche. Ces petites gaffes croustillent d’autant plus que les politiques prennent un soin infini à verrouiller leur communication. Leurs interventions sont désespérément lisses, et fatalement assommantes! Mais heureusement, de temps en temps, leur attention se relâche, leur inconscient les trahit… Et le fond de leur pensée jaillit.

Dans la catégorie lapsus, le lauréat est sans conteste un fervent pourfendeur de la gestation pour autrui. Tellement opposé à la GPA qu’il n'arrive même pas à décliner l’acronyme.

Vous l’avez sans doute reconnu, c’était Nicolas Sarkozy, en meeting au mois d’octobre. Et contrairement aux apparences, il ne parlait pas de l'affaire Bygmalion!

S’ils verrouillent autant leur « com », c’est que ces écarts de langage peuvent leur coûter très cher. Il est des blagounettes aux conséquences fatales .

Je vous propose le prix spécial dérapage. Mention sortie de route.

Voilà comment Arnaud Montebourg se fait virer de Bercy.

Et il entraîne dans son sillage rien de moins que les ministres de l’Education et de la culture à la fin de l’été. Mesdames et messieurs les membres du gouvernement, n’essayez surtout pas d’être drôles!

Mieux vaut ne pas non plus se précipiter pour donner une bonne nouvelle. Le prix du ratage total revient sans conteste au président lui même. François Hollande a ainsi annoncé en grande pompe la libération des lycéennes détenues par le groupe terroriste Boko Haram au Nigéria.

C'est ce qui s'appelle un vrai loupé. Deux mois après cette déclaration, elles sont toujours prisonnières.

pour nicole bricq, la force de l'euro n'explique pas les problèmes de la france
pour nicole bricq, la force de l'euro n'explique pas les problèmes de la france © reuters

Un prix spécial, pour finir: dans la catégorie des petites phrases qui n’auraient surtout pas dû être entendues, Nicole Bricq surclasse tous ses adversaires.

C’était en mars, à l’issue d'un dîner officiel servi à l’Elysée elle lâche au couple Ayrault, sur le ton de la confidence:

« Franchement, la maison Matignon… Ya pas photo. A l’Elysée, c’était pas du tout… Non, c’était dégueulasse. Il faut le dire. »

Une sortie que François Hollande n’a pas du tout goûté. Un mois plus tard, exit la ministre du commerce extérieur qui a retrouvé les bonnes vieilles cuisines du Sénat !

Alors pour l'année 2015, encourageons les à arrêter les fiches bristol, et à déchirer les éléments de langage. Et passer plus de temps à dire ce qu'ils pensent plutôt qu'à se demander ce que l'on va penser de ce qu'ils disent. Comme ça si tout se passe bien, l'année prochaine, on ne pourra pas faire le best of de leurs plus belles boulettes!

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