A l’approche des fêtes, une grande peur qui commence à planer sur le Parti Socialiste pour l’année prochaine.

Par Renaud Dély.

Et cette angoisse se résume en une question à la fois simple et assez cruciale: et si 2017 était la dernière année ? Et si 2017 marquait la fin du PS. Alors, vous me direz, on peut sûrement vivre après le Parti socialiste. D’autant qu’on a déjà vécu, et plutôt pas mal, avant… Il n’empêche que ce serait quand même un sacré événement politique. Parce que le PS n’est plus tout jeune. Dans sa forme actuelle, il a quand même bientôt 46 ans. Il est né, ou plutôt il a ressuscité, en juin 1971, lors du fameux congrès d’Epinay marqué par la prise du pouvoir de François Mitterrand. Depuis, avec ses congrès, ses courants, ses déchirements et ses motions de synthèse, le parti socialiste, c’est un véritable art de vivre. C’est un peu comme Michel Drucker, on a grandi avec et on n’a pas vu le temps passer.

Deux choses pourraient bien faire disparaître cet art de vivre : d’abord, le PS n’est plus aujourd’hui qu’une coquille vide. Il avait 250 000 militants il y a dix ans, il ne dispose plus aujourd’hui que d’à peine 40 000 adhérents à jour de cotisation. Et encore, comme on l’a vu avec le cas de Vincent Peillon, même certains candidats à la primaire ont dû verser dare-dare leurs arriérés de cotisations en retard pour avoir le droit de participer, c’est dire… Et puis surtout, le PS est pris en sandwich entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. En refusant de participer à la primaire de la Belle Alliance Populaire, comme l’appelle Cambadélis, le leader d’En Marche et celui des Insoumis ont vidé cette compétition de sa substance. Et de son intérêt.

Au point que la vraie primaire se déroulerait hors du PS. C’est en tous cas l’intérêt conjoint, et bien compris, d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon. Officiellement, ils se combattent sans pitié. Mais l’un comme l’autre prophétisent la mort de ce vieux monde partisan, et des appareils politiques poussiéreux. Et s’ils s’envoient des piques de plus en plus violentes, c’est pour mieux assécher tout l’espace politique qui les sépare. Ne manque plus que la participation à la primaire soit faible, par exemple moins d’un million d’électeurs, et le résultat serré, et ils auront beau jeu de faire passer le vainqueur, Valls, Montebourg, Peillon ou Hamon, pour un imposteur. Et surtout pour un diviseur sommé de se retirer pour laisser une chance à la gauche d’atteindre le second tour. Ce qu’on appelle le monde à l’envers, ou plutôt la fin d’un monde, celui du PS…

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