Malgré la Covid, le but d’Emmanuel Macron reste inchangé pour 2021 : bloquer la route de la droite.

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © AFP / Thomas COEX

Mercredi dernier, le siège des Républicains avait comme un petit air de fête. Avec quelques proches, leur patron, Christian Jacob célébrait lors d’un déjeuner le compromis avalé par l’ennemi de l’intérieur, le sénateur Bruno Retailleau. Ce dernier souhaite une primaire à droite, elle n’aura lieu que si son camp ne se trouve pas de candidat naturel. 

La décision est de de toute façon remise à après les régionales et départementales qui se tiendront, c’est officiel depuis hier, en juin prochain. Mais la joie des LR risque d’être éphémère. 

Emmanuel Macron réfléchit déjà à la meilleure manière de continuer à les piéger, une activité qui visiblement reste essentielle dans la perspective de 2022

Le président de la République veut jouer les institutions contre la droite. D’abord, le référendum pour inscrire la défense du climat dans la Constitution. Personne n’est capable aujourd’hui d’affirmer que cette consultation populaire verra le jour avant la fin du quinquennat. 

Mais pour Emmanuel Macron l’intérêt est ailleurs : adresser un signal aux défenseurs de l’environnement et surtout, obliger la droite à se positionner puisque le Sénat, à majorité LR possède l’une des clés de la réforme.  

Les parlementaires LR bloqueront-ils le référendum au risque de passer pour des rétrogrades ? Ou faciliteront-ils la manœuvre du chef de l’Etat, au risque d’apparaître comme ses supplétifs ?

Il est aussi question d’un retour de la proportionnelle. Les députés LR, plus grand groupe d’opposition à l’Assemblée, ne veulent pas en entendre parler. 

Le combat est donc déjà gagné contre la droite ?

Non, et Emmanuel Macron le sait bien. Un de ses interlocuteurs réguliers me confiait que, selon lui, ce camp, malgré ses divisions, reste le plus cohérent idéologiquement. Le président entend donc continuer à le fracturer ! Face à cette offensive qui n’en finit pas, les Républicains comptent bien faire valoir quelques arguments. S’insurger contre l’argent magique du quoi qu’il en coûte, remettre en cause le réformisme d’Emmanuel Macron, invisible selon eux. 

Anticipant ces critiques, le chef de l’Etat a annoncé hier en personne la tenue d’un séminaire gouvernemental le 13 janvier afin de définir le programme des six prochains mois et montrer qu’il n’a pas dévié de sa feuille de route malgré l’épidémie. En privé, il presse d’ailleurs ses ministres de se transformer en VRP de leurs réformes. Conscient qu’à l’heure des comptes, comme il le répète souvent, aux yeux des Français, « la covid n’excusera rien ».

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