Ce matin, on se penche sur le style d'Edouard Philippe.

Parce qu’à observer le fonctionnement du couple exécutif, on se dit qu’Emmanuel Macron pouvait difficilement trouver mieux comme profil pour Matignon. A deux reprises cette semaine, Edouard Philippe s’est sacrifié pour son supérieur. Il s’est dévoué et il a pris à son compte l’annonce de deux décisions délicates qui sont deux reculs : d’abord l’enterrement du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et ensuite l’abandon de la candidature de la France pour l’Exposition Universelle de 2015. D’un côté, on a donc Macron-Jupiter, en marche pour restaurer l’image de la France dans le monde, et de l’autre, Edouard Philippe qui est lui en marche arrière et enterre les projets dispendieux pour faire des économies.  

Mais il doit parfois y avoir des tensions entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe ?  

S’il y en a, ils les cachent bien et on ne les voit pas. Le Premier ministre accepte apparemment sans aucun problème son rôle de subalterne condamné à rester dans l’ombre. Songez qu’Edouard Philippe a même annulé ses voeux à la presse parce qu’il a estimé que le Président avait déjà tout dit lors des siens. Une première ! Du jamais vu ! Même Jean-Marc Ayrault qui ne fut pas le plus charismatique de nos Premier ministre, n’allait pas jusque là…  

Vous voulez dire qu’il se contente de se sacrifier au profit d’Emmanuel Macron ?   

Pas seulement. Certes, avec son côté bon élève, c’est d’abord l’employé du mois de la Macronie. Mais Edouard Philippe a un autre intérêt pour son supérieur. Il l’aide à semer le désordre à droite. Il séduit toute une frange des électeurs et il entretient de très bonnes relations avec de nombreux élus susceptibles de rallier la majorité au fil du quinquennat. Et d’abord lors des élections européennes de juin 2019 pour lesquelles beaucoup de macronistes murmurent qu’Edouard Philippe ferait une bonne tête de liste capable de rassembler les pro-européens.

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