Un collectif contre les violences et les blocages appelle à manifester le 27 janvier à Paris, place de la République: une sorte de manif anti gilets-jaunes. Serait-ce la riposte de la France de l'ordre?

Il y a un précédent historique. Bien connu. Le 30 mai 1968. De Gaulle dissout l’assemblée nationale. Dans la foulée, il appelle ses partisans à défiler. C’est un incroyable succès. Ça déferle sur les Champs Elysées. Il y a une marée humaine. Des centaines de milliers de personnes qui disent non aux barricades, non aux émeutes. 

Cinquante ans plus tard, certains rêvent d’une nouvelle démonstration de force, qu’une majorité silencieuse se lève et dise stop. C’est quelque part l’idée de cette « marche républicaine des libertés ». Elle a été lancée par des groupes qui ne sont pas officiellement pro gouvernementaux, même s'ils en sont proches…   

D’ailleurs, certains ministres, comme Jean-Michel Blanquer, le monsieur Éducation Nationale, pourraient y participer. Il l’a dit sur cette antenne: pas question pour lui de rester là, les bras ballants, alors que des policiers et des monuments sont visés. Mais Jean-Michel Blanquer est un peu isolé, au gouvernement. On sent ses collègues gênés, dès qu’on aborde le sujet. En fait, beaucoup se demandent si cette manif ne va pas être un flop. Certes, Emmanuel Macron reprend un peu d’air dans les sondages, mais il encore loin du compte. Et puis, c’est un sujet qui fâche Edouard Philippe. Cette manif, elle oblige à mobiliser, à nouveau, des forces de l’ordre. Parce qu’on craint des affrontements entre pro et anti gilets jaunes. Or, la police est au bout du rouleau…

Le pouvoir préfère une autre stratégie: réconcilier les Français. En tout cas essayer grâce au grand débat. Et pour cela, ce serait contre-productif de monter deux camps, l’un contre l’autre. C’est pourquoi, hier soir, le bureau exécutif de la République en marche a décidé de ne pas appeler à manifester dimanche. 

Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura personne, tout est possible. Regardez la cagnotte pour les policiers. Plus d’un un million 400 mille euros. 50.000 donateurs. Personne ne l’a vu venir. Il y a une France de l’ordre qui est là et qui peut se réveiller, de façon presque spontanée. En tout cas, on voit bien la différence avec mai 1968. Il n’y a plus ni syndicats ni de partis puissants qui structurent le débat. Mais une France aujourd’hui morcelée, fracturée, sans débat idéologique, qui n’attend plus aucune consigne pour se mobiliser.

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