Le ministre de l’Intérieur est en première ligne dans le climat de violences que traverse le pays depuis plus d’un an. Or Christophe Castaner est loin de faire l’unanimité.

Violences : le problème Castaner
Violences : le problème Castaner © AFP / BERTRAND GUAY

C’est vrai qu’entre les gilets jaunes et la mobilisation contre la réforme des retraites, Christophe Castaner n’a eu aucun répit. Une année sous haute tension pour l’hôte de la Place Beauvau et émaillée de nombreuses erreurs de sa part. Comme en mars dernier, un soir de manifestation, des images volées dans une boîte de nuit parisienne, ou encore des propos dénonçant une « attaque contre un hôpital » alors que quelques manifestants s’étaient juste introduits dans l’enceinte de la Salpétrière pour échapper aux policiers. Et enfin, lorsque, quelques heures après l’attaque terroriste au couteau contre la Préfecture de police de Paris, le premier flic de France assurait, en octobre dernier, que l’attaquant ne présentait aucun signe de radicalisation…

D’autres ministres que Christophe Castaner auraient-ils mieux fait ?

C’est peu de dire que Christophe Castaner n’était pas programmé pour être au poste qu’il occupe. D’où la présence de Laurent Nunez à ses côtés. Plusieurs fois depuis qu’il a dû remplacer au pied levé Gérard Collomb, des rumeurs de démission contrainte ont circulé. Mais c’est vrai aussi que Christophe Castaner doit remplir trois missions souvent antinomiques. 

  • Assurer l’ordre public en stoppant les violences des manifestants. 
  • Mais aussi  assurer l’équité en ne laissant pas passer la violence des forces de police. 
  • Et enfin, une troisième mission plus « corporatiste », celle de ministre non pas de la Police mais des policiers qu'il faut ménager et aux multiples revendications en matière de salaire, de paiement de RTT ou d’âge de départ à la retraite. 

Le portefeuille de Christophe Castaner pourrait-il être menacé ?

La confiance professionnelle entre le ministre de l’Intérieur et l’Elysée est sans doute rompue. Il reste l’affection réciproque entre Emmanuel Macron et Castaner qui reste l’un de ses seuls fidèles de la première heure. Mais celle-ci n’aura qu’un temps. 

Alors, Christophe Castaner fait profil bas. Il n’est pas en première ligne dans la lutte contre la radicalisation qui se commande depuis l’Elysée. C’est l’Elysée encore qui appelle le gouvernement à renforcer la déontologie parmi les forces de l’ordre au moment de la mort de Cédric Chouviat, tué lors d’un contrôle de police. Bref, Castaner tente de passer entre les gouttes

Jusqu’à la prochaine erreur. Avec un remplaçant qui pourrait être un certain Laurent Nunez, ex directeur général de la sécurité intérieure qui, lui, c’est certain n’aura pas besoin d’un secrétaire d’Etat à ses côtés. 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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