François Hollande a assisté à quelques concerts hier, notamment à l'Institut du Monde arabe, pour la fête de la musique et vous revenez sur ces signaux envoyés aux artistes. Pas toujours dénués, selon vous, d'arrière-pensées.

François Hollande a passé la fête de la musique avec Jack Lang. Comme l'an dernier.

Jack Lang. L'éternel Jack Lang, 75 ans, c'est le père de la fête de la musique. Le symbole d'une époque où entre la culture et la gauche, c'était le grand amour. Le Président veut montrer qu'il aime lui aussi les Arts. Il ira au festival d'Avigno en juilletn. Au quotidien, enfin, à l'Elysée, il organise des projections de films. Et il reçoit à dîner des artistes, avec ou sans Julie Gayet.

La première fête de la musique, 1982
La première fête de la musique, 1982 ©

Bref, le message est clair : le président aime la culture. Vraiment ?

Il aime beaucoup le cinéma... Mais à part ça... C'est pas un fan d'opéra ni de concerts, il ne lit pas de romans.

Mais, il y a quelque chose qui s'appelle la campagne présidentielle.

Et en ce moment, il retisse sa pelote. Méthodiquement. Il passe en revue, une à une, les clientèles habituelles de la gauche.

La semaine dernière, il a fait des petits cadeaux aux fonctionnaires. Un petit geste sur les rémunérations. Là, avec la culture, il sait que c'est un marqueur de gauche. Alors, certes, ça ne concerne pas énormément de gens, mais il vaut mieux avoir les artistes avec soi que contre soi.

Où sont passés les artistes de gauche aujourd'hui?

Ils sont soit amnésiques, soit discrets. Le chanteur Benjamin Biolay, lui, est l'un des rares à assumer. Il avait été un pilier de la campagne 2012. Dans une interview, la semaine dernière dans l'Express, on lui a demandé s'il revoterait Hollande. Réponse: « Ce n'est pas parce que François Hollande est impopulaire que je vais lui cracher dessus comme la meute ».

La déception vient sans doute de la baisse des crédits?

Mais là encore, un geste est fait : le budget de la culture s'est enfin stabilisé, après 2 années de baisse. Pour les spectacles vivants, ça va même un peu augmenter, on nous le disait cette semaine à Matignon.

Mais cette déception, ce n'est pas seulement une question de sous. Citez-moi un grand projet culturel mené, imaginé, lancé par la gauche, comparable à une fête de la musique ? Rien. On a eu une gauche gestionnaire, sans souffle sur le sujet.

Des relations publiques, ça ne fait pas une politique artistique.

Il reste 2 ans pour inverser la vapeur.

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