Par Solenn de Royer

Ces temps-ci je rencontre de nombreux députés socialiste déprimés. Surtout quand ils rencontrent leurs électeurs…

« Les gens nous considèrent comme des ZOMBIS ! »

Elle ne mâche pas ses mots, cette députée socialiste ! Elle s’appelle Karine Berger. Elle est députée des Hautes-Alpes. Et quand elle rentre dans sa circonscription, elle est obligée de dire à ses électeurs que non, elle n’est pas morte !

Ce n’est pas la seule à employer cette image de mort-vivant. Une autre députée m’a raconté exactement la même histoire : sur les marchés, les gens qu’elle croise sont pleins de commisérations : « Ça va, Mme la députée ? Pas trop dur ? Courage, hein ! »

Elle dit, cette députée PS, qu’elle a l’impression d’être « en fin de vie » : « Les gens ont pitié de nous. Il n’y a rien de pire que la pitié, je préférerais me faire engueuler ! », tout simplement.

Dans les urnes, c’est très clair : les Français ont déjà tourné la page de François Hollande et du PS ! Ce dernier est en train de progressivement s’effacer du paysage politique. Un parti zombi, pour reprendre l’expression de Karine Berger.

Je vais vous donner quelques chiffres édifiants. Depuis le début du quinquennat, se sont tenues 22 législatives partielles. Sur ces 22 scrutins, le PS a enregistré 18 défaites. Il a perdu 2/3 de ses électeurs depuis 2012. Et il a été privé de second tour dans 10 circonscriptions sur 22.

Un tel désaveu est totalement inédit !

Les 8 derniers mois ont fait des dégâts. Huit mois dominés par deux grands sujets, comme vous savez : la déchéance de la nationalité et la loi travail. Je rappelle que depuis les attentats du 13 novembre, on n’a parlé que de ça : quatre mois passés sur la déchéance et 5 mois sur la loi El Khomri... et ce n’est pas fini…

Or, il se trouve que ce sont deux textes qui ont profondément divisé, voire traumatisé, la gauche. Bilan : une partie des électeurs socialistes se sentent trahis. Ils ne se déplacent plus pour aller voter.

Parmi les ministres ou les députés PS que vous rencontrez, certains croient-ils en la possibilité d’une victoire de la gauche en 2017 ?

J’ai posé la question la semaine dernière à un député PS : « connaissez vous un ou plusieurs députés qui croient que la victoire est possible ? » Réponse : non, aucun. Cela vous donne un petit indice sur le moral des troupes !

Même le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis exprime des doutes, en privé. Mercredi dernier, il a reçu des frondeurs dans son bureau. Il leur a dit : « 2017, c’est plié, tout le monde le sait ! »

Il y a en a un qui continue d’y croire, imperturbable, persuadé qu’il n’est pas encore mort. C’est François Hollande ! Cela ne l’empêche pas de dire que « les prières » sont « les bienvenues ».

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