S’il y a un domaine dans lequel la rupture est nette entre François Hollande et son successeur, c’est bien la communication.

Emmanuel Macron et Sibeth Ndiaye, 16 mai 2017 devant l'Elysée. Paris.
Emmanuel Macron et Sibeth Ndiaye, 16 mai 2017 devant l'Elysée. Paris. © Maxppp / CHRISTOPHE PETIT TESSON

L’ancien président, on le sait, adorait les journalistes. Il en recevait sans arrêt. Il était joignable, tout le temps. Il a continué de répondre aux SMS des journalistes tout au long de son quinquennat. Bref, c’était le temps du fameux « président normal ». Et surtout du président transparent. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la presse ne l’a pas servi pour autant. Mais c’est tant mieux. C’était la règle du jeu. Parfaitement respectée de part et d’autre, tant par la presse, qui ne l’a pas ménagé, que du côté de Hollande qui a foutu, il faut bien le reconnaître, une paix royale, aux médias pendant cinq ans.

Avec Emmanuel Macron, on a changé d’époque. On est passé d’un extrême à l’autre. Du « boy next door » à Jupiter. Et Jupiter n’a pas de portable. Le nouveau chef de l’Etat ne répond plus. Pas un commentaire, pas une confidence, pas une entrevue « off ». Rien, de rien. Et cette méthode, ou plutôt ce silence, figurez-vous, ne plaît pas du tout à François Hollande. D’abord parce que l’ancien Président y voit un nouveau procès en creux de son bilan. En gros, depuis qu’il est à l’Elysée, Macron s’applique à montrer qu’il fait l’exact inverse de son prédécesseur. Son message, c’est : « Hollande a eu tout faux ! ». Forcément, c’est un peu vexant... Surtout qu’il ne se montre pas spécialement charitable pour les proches de l’ancien Président.

Ainsi, François Hollande n’a pas aimé du tout qu’un candidat inconnu venu de la droite investi par La République en Marche aille battre son fidèle ami Bernard Combes aux législatives à Tulle, en Corrèze.

François Hollande ne pense pas beaucoup de bien de la communication de son successeur ? Macron ne se consacre qu’à la presse people et méprise ouvertement les journalistes politiques et ce n’est pas le genre de François Hollande. « Macron est trop secret, il ne fait aucune pédagogie de son action. Nous sommes entrés dans une période de transparence, il ne pourra pas tenir six mois comme ça… », me confiait un proche de Hollande il y a peu. Il est vrai que le bilan de ces derniers jours est désastreux. Macron a laissé son porte-parole, Christophe Castaner, répéter que le remaniement gouvernemental ne serait que « technique », que les mêmes ministres seraient reconduits, et il a fait le contraire en se débarrassant de quatre poids lourds pour cause d’affaires.

Conclusion, résume un proche de Hollande : « Soit Macron subit les événements, soit il prend les journalistes pour des cons ! ». Evidemment, on peut penser que l’un n’exclut pas l’autre.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.