Ils étaient en marche aux côtés d’Emmanuel Macron dès la première heure. On aurait pu penser que la victoire de leur leader le 7 mai dernier les réjouirait. Et pourtant...

Par Jannick Alimi.

Et pourtant, la mélancolie et la déprime et les gagnent. Ils étaient pourtant les apôtres de la bonne parole du candidat Macron depuis des mois, bien avant que quelque 66% des Français ne votent pour lui le 7 mai et ne le hissent à la présidence de la République. Ce sont des cadres d’En Marche, des élus locaux, des députés, des sénateurs, des anciens ministres....

Mais aujourd’hui tous ces fidèles parmi les fidèles ont bel et bien le blues. Ils espéraient sans trop le dire être récompensés de leur loyauté. Seulement voilà, ils se retrouvent aujourd’hui sur le bord d’un chemin qu’ils avaient pourtant aidé à tracer.

Sans portefeuille ministériel, sans poste de conseiller, sans investiture aux législatives. « Je vais me suicider, confie un député, rallié à Macron dès le lancement de la campagne du leader d’En Marche en novembre dernier. Je plaisante, ajoute immédiatement ce parlementaire qui n’est pas un perdreau de l’année. Mais la politique, ce n’est décidément pas de la philanthropie. »

Ils devaient s’y attendre car les places à l’arrivée sont toujours rares et chères… Mais pour certains, ce ralliement à Emmanuel Macron c’est presque une apostasie. Pour Emmanuel et son credo « à droite et à gauche », ils ont osé se mettre au ban de leur famille politique, qu’elle soit socialiste, centriste voire LR. Et au moment d’atteindre le Saint -Graal, ils se retrouvent victimes expiatoires d’une ouverture tous azimuths, retombant dans un quotidien d’autant plus gris et insupportable qu’ils avaient cru vivre l’Histoire, avec un grand H. « On n’était pas nombreux à faire partie des combattants de la première heure, soupire l’un d’entre eux, lui aussi député. Certains ont été servis, d’autres comme moi, non. Mais je ne désespére pas. »

Ces grognards de la Grande armée de la macronie ne vont pas s'engager dans une opposition politique, médiatique ou éditoriale du genre « Merci pour ce moment », non. Car, le quinquennat ne fait que commencer et il ne faut surtout pas injurier l’avenir. Alors on fait contre mauvaise fortune bon cœur. Il y a les magnanimes. «De toute façon, je n’avais rien demandé, assure cet ancien ministre septuagénaire, aujourd’hui parlementaire à Bruxelles et pro-Macron depuis le début. Je vais aider le nouveau président à Strasbourg et tout faire pour que son projet européen voie le jour. »

Il y a les langues vipérines de ceux et celles qui ont espéré un maroquin jusqu’à la dernière minute. « De toute façon, je n’ai pas besoin de ça pour vivre, glisse une ancienne ministre de la société civile. Ma vie est ailleurs. Et je souhaite du courage à ceux qui ont été choisis. Entre Macron et Philippe, ça va être un gouvernement très autoritaire. »

Et puis, il y a les optimistes invétérés. Comme cet élu local LR, rallié à Macron après le Pénélopegate. « Je n’ai rien obtenu encore, mais après les législatives, il risque d’avoir des réaménagements et alors, je ne désespère pas. »

Et de rajouter ipso facto. « De toute façon, ce qui est m’importe c’est de participer à la politique de réformes du président et pas la place où je serais. » Le président Macron peut être rassuré…

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.