La réforme des institutions menace le Sénat. Mais d’autres flèches empoisonnées pourraient s’abattre sur la Chambre Haute...

Par Jannick Alimi.

Au fil des semaines, on se rend compte que la réforme des institutions - qui prévoit notamment une simplification des navettes législatives et donc une moindre influence du Sénat - perd peu à peu de sa consistance constitutionnelle pour devenir de simples produits législatifs. Des lois dont le vote n’exige pas l’aval des sénateurs. Cette réforme, elle a été voulue par le chef de l’Etat lui-même. Alors les discussions qui se passent officiellement à Matignon ? Elles sont sous-titrées Edouard Philippe mais la version originale est bel et bien signée Emmanuel Macron.  

Des députés et des sénateurs ont également décidé de planter leurs banderilles   

Ces parlementaires, avec à la manœuvre Florian Bachelier, le premier questeur de l’Assemblée, montent au créneau pour réclamer la fin des privilèges des sénateurs, en matière de retraite, de forfait obsèques, d’indemnité chômage. Mais d’où viennent-ils ? Des rangs de La République en Marche et la plupart sont considérés comme les leviers de l’Élysée à l’Assemblée. D’autres comme Richard Ferrand, le président des Marcheurs au Palais Bourbon ou François Patriat, son homologue au Sénat vont encore plus loin et proposent d’élire le Sénat à la proportionnelle intégrale régionale. Un changement de scrutin qui ôterait toute singularité au Sénat, et donc à terme, toute son utilité. Or, Ferrand et Patriat font partie des plus anciens lieutenants du président Macron.

L’Élysée voudrait la peau du Sénat ?  

C’est ce que craint Gérard Larcher, le président de la notable institution quand il dévoile qu’un projet de loi s’apprête à renouveler intégralement le Sénat en 2021. Au lieu de deux renouvellements partiels tous les trois ans. Et ce serait le coup d’estocade ! Car les sénateurs seraient alors choisis essentiellement par des maires eux-mêmes élus l’année précédente avec peut-être une présence plus macronienne qu’aujourd’hui. Une façon de faire bouger le Sénat dont l’âge moyen est de 61 ans contre 43 pour les députés et alors même que certains sénateurs siégeaient déjà au début des années 90 ! Emmanuel Macron n’est pas sûr d’y voir entrer une majorité de marcheurs. Mais il aura réussi à insuffler un vent nouveau au Palais de Marie de Médicis.

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