Edouard Philippe s’engage à fond dans les européennes. Il enchaîne meetings et Facebook Live. A ses risques et périls en cas de défaite dimanche soir prochain... Le Premier ministre est donc sur un siège éjectable ?

Edouard Philippe
Edouard Philippe © Getty / Stephane Cardinale - Corbis

Comme tous les Premiers ministres qui sont soumis au bon plaisir de celui qui, contrairement à eux, jouit de l’onction du suffrage universel, le Président de la République.

Il est vrai que cette fois-ci, le rendez-vous est d’importance, voire historique aux dires d’Emmanuel Macron qui considère la montée des populismes et des extrêmes en Europe et en France, comme un danger pour nos démocraties. 

Dans son interview donnée hier à la Presse quotidienne régionale dont le Parisien, le chef de l’Etat s’était vu poser la question : «  Si vous n’arrivez pas le premier aux élections, changeriez- vous de Premier Ministre ? » La réponse d’Emmanuel Macron fut pour le moins sibylline : « Je n’ai pas l’esprit de défaite. J’ai l’esprit de conquête. Je n’ai jamais fait de politique fiction. J’ai toute confiance en Edouard Philippe qui s’engage sans compter auprès des pro-européens. » 

C’est donc un laisser passer pour une reconduction d’Edouard Philippe à Matignon ?

A quelques exception près,comme les 80 kilomètres heures, jamais depuis très longtemps, un Président de la République et un Premier ministre ne s’étaient aussi bien entendus. 

Philippe est loyal, efficace aux pires moments de la macronie comme l’Affaire Benalla et encore à la manœuvre pendant la crise des Gilets jaunes et le grand débat national. Il reste en outre très utile à Macron pour continuer son œuvre de grand dynamiteur de la droite entreprise depuis la présidentielle mais qui est loin d’être achevée. 

Mais comme tout Premier ministre, Edouard Philippe peut représenter un fusible pour un président de la Réplique qui, même en cas de catastrophe électorale, ne quittera pas l’Elysée.

Un tel remaniement est crédible ? 

Comme le suggère Emmanuel Macron, il le deviendrait  en cas de défaite aux européennes. Et l’hypothèse met Matignon mais aussi de nombreux ministères en transe. 

On parle déjà d’un Philippe qui reviendrait dans le privé ou serait parachuté à Paris pour les prochaines municipales sous la bannière Macron. 

Mais qu’est -ce qu’une défaite ? Arriver deuxième derrière le Rassemblement national ? Ne pas dépasser les 20% ?  Accuser un écart de plus de 3% avec Jordan Bardella ? 

Et puis, par qui remplacer Philippe ? Jean-Yves Le Drian, Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand ? Macron et Philippe le martèlent : ils ne changeront pas de cap après les Européennes. 

Alors même si certains ministres commencent à numéroter leurs abattis, Edouard Philippe, lui, pourrait bien devenir... le prochain Premier ministre.

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