Par Nathalie Schuck

L'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy pourrait lui valoir un procès. Et c’est aujourd’hui à 14h que La Cour de cassation va trancher.

Officiellement, Nicolas Sarkozy vit la chose très très bien ! En off, c'est une autre affaire. Vous le savez sans doute, il était hier au Vatican avec Carla, où il a été reçu par le Pape François. Et il en a peut-être profité pour brûler un cierge avant l'arrêt de la Cour de cassation. On saura cet après-midi s'il risque de se retrouver devant un tribunal.

Concrètement, la Cour de cassation va dire si elle valide ou pas les écoutes de ses téléphones portables, qui avaient permis de découvrir des conversations étranges où l'ancien président -alias « Paul Bismuth »- promettait une retraite dorée à Monaco à un magistrat en échange d'informations confidentielles. Or, un candidat à la présidentielle qui serait renvoyé en correctionnelle, on n'a jamais vu ça !

Sarkozy est entendu dans l'affaire des fausses factures de Bygmalion.
Sarkozy est entendu dans l'affaire des fausses factures de Bygmalion. © MaxPPP

Maisce n'est pas ça qui pourrait le dissuader de se présenter !Il a toujours considéré que ces écoutes sont une « manipulation politique » . Il avait parlé de la « Stasi » et il m'avait expliqué en off, à l'époque, qu'il était convaincu que les compte-rendus de ces écoutes atterrissaient directement sur le bureau de François Hollande, ce que l'Elysée dément. Il a été très choqué, aussi, par la longueur de ces écoutes : six mois entre septembre 2013 et mars 2014. C'est inédit pour un ancien président.

Un jour, il m'avait même lancé : « Et vous, Nathalie, si on vous écoute pendant six mois, on va bien trouver des conneries ! »

Aujourd'hui encore, il est persuadé que son iPhone est toujours « branché » comme on dit. Celui de Carla aussi. Une fois, elle avait entendu son téléphone grésiller et elle avait lancé à une amie : « Ces connards, ils savent même pas se servir de leur matériel ! »

Mais la question est de savoir si il pourrait y avoir un procès avant la présidentielle. Déjà, les deux juges en charge du dossier peuvent décider de prononcer un non-lieu. Et sinon, les sarkozystes disent déjà qu'ils saisiront la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Mais vue la lenteur de la justice, il y a très très peu de chance qu'il y ait un éventuel procès avant la présidentielle. Sarkozy, c'est un avocat, il a déjà gagné la bataille du calendrier judiciaire. Mais il est loin d'avoir gagné la bataille politique : s'il est renvoyé en correctionnelle, on a du mal à imaginer les militants de droite voter à la primaire pour un candidat menacé d'un procès.

Un élu de son parti m'a glissé cette énorme vacherie : « Sarkozy, c'était déjà Berlusconi, on ne veut pas se retrouver en plus avec Strauss-Kahn qui explose en vol »

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