Par Marcelo Wesfreid

François Hollande a perdu son adversaire favori, Nicolas Sarkozy. Mais il se fait une raison. Fillon, c'est bien. C'est même mieux que Sarkozy !

Il commence même à trouver qu’une candidature Fillon, pourrait servir ses intérêts ? Oui, on se rassure comme on peut. Hier, les proches de François Hollande n'ont pas tardé à réagir : "Vous voyez bien, il ne faut pas croire les sondages. Ils donnaient Fillon, mort, écrasé."

"Vous verrez a même dit un conseiller du Président, la surprise à la présidentielle, ce sera François Hollande".

Il souffle un vent d'optimisme à l'Elysée, mais après tout, François Fillon, c'est vrai, n'a jamais désespéré. Il a eu raison de ne pas abandonner, de ternir son cap. C'est un vrai modèle pour Hollande !

Un modèle sur une ligne toutefois très libérale économiquement, c'est vrai. Mais ça aussi ça rassure l'entourage de Hollande. Sarkozy avait beaucoup d'avantages. L'affronter, c'était affronter un homme excessif, qui a des tas d'ennuis judiciaires.

Mais finalement, Fillon - c'est ce qu'on dit au sommet de l'Etat - c'est pas mal non plus, comme adversaire : quand les gens vont regarder son programme, sur la suppression de 500 000 fonctionnaires, par exemple, ils vont partir en courant.

C'est l'argument qu'a utilisé Manuel Valls, hier à Alfortville. « C'est moins de professeurs, moins d’agents hospitaliers, moins de policiers et de gendarmes». Voilà ce qu'a dit Valls, qui se verrait bien – on le sait - remplacer Hollande à la Présidentielle.

L'autre angle d'attaque, ce sera le programme très conservateur de Fillon. Il est par exemple tout à fait opposé à l'adoption pour les couples homosexuels.

Cet espace, les Hollandais espèrent qu'il va profiter à Hollande. Mais c'est là où ils vont trop vite. François Fillon a gagné parce qu'il a pris des risques. Il a fait une campagne de marathonien depuis trois ans. On est loin de François Hollande, hyper prudent, qui attend...

S'il se déclare en décembre, le Président va avoir au grand maximum cinq semaines pour faire campagne, si on retire la période des fêtes. C'est comme si Fillon avait décidé de se lancer, il y cinq semaines, le 18 octobre...

Et puis, dernière chose : les électeurs de droite ont profité de cette primaire pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy. Qui nous dit que la désignation à gauche ne va pas être, à son tour, un défouloir anti-Hollande, avec même des électeurs de droite qui feront le déplacement?

Chez Arnaud Montebourg, on se prépare d'ailleurs à ce scénario. Son directeur de campagne, François Kalfon disait hier : "Les Français ont compris que la primaire c'est une arme de destruction massive pour ne pas rejouer 2012". Hollande a encore quelques jours pour méditer tout ça.

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