Par Benjamin Sportouch, journaliste politique au magazineL'Express

françois hollande, au coeur de la polémique dans l'affaire leonarda
françois hollande, au coeur de la polémique dans l'affaire leonarda © reuters

François Hollande mise plus que jamais sur l’amélioration de la conjoncture, après le week-end catastrophique où il n’a réussi qu’à nourrir les mécontentements de tous bords.

Après ce week-end « désastreux » de l’aveu même d’un ténor du gouvernement qui me le disait hier, c’est une semaine de tous les dangers pour le chef de l’Etat. On connaîtra en effet cette semaine les résultats du chômage pour le mois de septembre. Ce pourrait être jeudi. Depuis un an maintenant le Président martèle sans cesse son objectif d’inverser la courbe du chômage. C’était le 15 septembre sur TF1 :

Sauf que quelques jours plus tard, on apprenait que les bons chiffres du mois d’août étaient complètement pipés à cause d’un bug de SFR. On saura donc vraiment cette semaine si la baisse constatée l’été dernier se confirme. Et si François Hollande peut espérer concrétiser son ambition d’ici la fin de l’année.

Le chef de l’Etat fonde tous ses espoirs sur cette tendance pour rebondir politiquement : regagner en crédibilité…et donc en popularité.

Le calcul n’est pas dénué de sens sur le papier, sauf qu’il s’avère de plus en plus fragile. Au sein même du gouvernement, on doute d’une corrélation entre baisse du chômage et regain d’estime des Français pour le Président. Comparaison n’est certes pas raison, mais d’autres pays européens, ce n’est pas le cas. Récemment, Jean-Marc Ayrault s’inquiétait devant des visiteurs des résultats des dernières élections en Autriche : 30% pour l’extrême droite alors que le chômage n’est que d’environ 4.5%. Autant dire le plein emploi !

De son côté l’IFOP a mis en regard la courbe du chômage d’un côté et la popularité des exécutifs de l’autre sur les dernières décennies. L’institut de sondage est arrivé à la conclusion que les courbes ne se rejoignaient pas. Notamment pour deux raisons : parce que les Français sont très dubitatifs sur la véracité des chiffres qui sont communiqués. Autant dire que le dysfonctionnement du mois d’août ne peut qu’amplifier cette méfiance. Et seconde raison : il faut une chute durable et forte pour que l’idée d’une baisse réelle infuse dans l’opinion publique. Sur ce point, rien ne se fera sans une reprise substantielle de la croissance. Ce qui, d’après les prévisions du gouvernement, est loin d’être acquis.

Le résultat est donc très hypothétique, alors pourquoi Hollande mise-t-il tout dessus ?

Parce qu’il n’a pas le choix. L’autre possibilité serait de s’attacher aux sujets régaliens : la sécurité, la justice, l’immigration… Sauf que sur tous ces dossiers sa majorité est très divisée, ses ministres aussi !

L’affaire Leonarda nous en a donné un exemple supplémentaire et édifiant. Le terrain est miné et Hollande ne s’y aventure qu’à ses dépens. D’où sa concentration sur les dossiers économiques et la décrue du chômage. Mais là aussi, on l’a vu, c’est très risqué.

Il est une chose qui demeure: François Hollande croit toujours en sa bonne étoile. La baraka. Et en l’occurrence il a raison parce qu’il ne lui reste… plus que ça.

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