Pendant que François Hollande encaisse les mauvais sondages, que Martine Aubry se fâche toute rouge, et que Nicolas Sarkozy anime ses réunions publiques, Marine Le Pen prospère.

Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National
Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National © PHOTOPQR/LE PARISIEN

C’est ce que nous indique le dernier sondage publié par l’institut Odoxa pour France Inter, l’Express et la Presse quotidienne régionale. Les commentateurs ont retenu de cette enquête que la présidente du FN est la personnalité politique qui suscite le plus d’hostilité chez les Français, avec 51% de rejet. Si elle était seule à ce niveau, ce serait significatif, mais Christiane Taubira et Nicolas Sarkozy sont juste derrière elle. Mais ce sondage nous révèle surtout que Marine Le Pen arrive en quatrième position au palmarès des responsables politiques qui suscitent l’adhésion des Français, et en deuxième chez les sympathisants de droite ! Vous l’avez compris la patronne du FN est une personnalité nationale qui ratisse de plus en plus large.

Il y a deux jours, sur BFM, Jean-Marie Le Pen a redit ce qu’il pensait des chances de sa fille pour 2017 :

La faiblesse des adversaires, c’est un aspect du jeu politique auquel Jean-Marie Le Pen a toujours été attentif. Je me souviens, j’étais tout jeune journaliste, et en octobre 2001, Le Pen m’avait expliqué qu’il serait au deuxième tour de la présidentielle de 2002. On était loin encore de l’échéance, mais il avait fait ses additions sur un bout de papier, avec Taubira, Chevènement et quelques autres. Et 7 mois plus tard, le pronostic se réalisait.

Le FN n’a pas d’allié politique, or on sait qu'il est difficile d’arriver seul à l’Elysée. Mais Marine Le Pen y croit dur comme fer.

Comment ? En devenant la championne toute catégorie de la démondialisation, un combat qui séduit la France du Non. A ce jeu là, elle écrase Jean-Luc Mélenchon et ses amis. Elle est devenue la passionaria de la dénonciation du libre-échange.

C’est cela qui a changé entre le père et la fille. Jean-Marie Le Pen se disait « économiquement à droite mais socialement à gauche », sa fille est « économiquement et socialement à gauche ». Elle propose en réalité un nouveau national socialisme. Non pas celui d’Hitler, ne nous y trompons pas, car ça n’a évidemment rien à voir. Celui de l’alliance entre le nationalisme et l’antilibéralisme. Ce que je préférerais appeler un national-étatisme intégral. Il repose sur une seule promesse : mettre fin à la libre circulation des biens et des personnes. Et par temps de crise, la tentation du protectionnisme total, ça marche toujours.

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