C'est un candidat aux primaires de la droite que l’on croyait enterré et qui bouge encore !

Il bouge encore et on découvre un gars sympa, détendu, drôle même : c’est François Fillon. Surprise ! Fillon, cet ancien Premier ministre à l’aspect coincé, au look de notable, avec la raie sur le côté d’un premier de la classe est un gars humain, trop humain, même. C’est en tous cas l’image qu’il s’applique à donner de lui. Car ces temps-ci l’ancien Premier ministre passe son temps avec les journalistes. Il en entraîne quelques-uns dans son sillage lorsqu’il s’en va dédicacer son livre dans le pays. Il rencontre les rédactions, multiplie les déjeuners ou dîners en petit comité, bref, il se déboutonne ! Je peux en témoigner…

Pour François Fillon, Jean-Pierre Jouyet était en service commandé
Pour François Fillon, Jean-Pierre Jouyet était en service commandé © MaxPPP/IP3/Vincent Isore

J’ai vu un rescapé, un candidat qui remonte à la surface et s’applique à se montrer sous un nouveau jour. Alors, comment ça se traduit ? Par des anecdotes croustillantes, des confidences salaces, de vieux souvenirs qu’il vous raconte en souriant.

Fillon ne masque pas son émotion lorsqu’il vous parle de son copain « Philippe » Séguin, son premier mentor en politique, ce type coléreux mais tellement chaleureux, qui claquait la porte des réunions tardives du RPR pour aller s’acheter du saucisson en pleine nuit dans Paris.

Et que dire de ce cher « Edouard » Balladur ? Un jour, Fillon lui a proposé de monter à ses côtés dans une voiture de course, « Edouard » l’a regardé en haussant les sourcils et lui a dit, un rien outré: « mais François, n’y pensez même pas… »

Bref, pour séduire de nouveau, François Fillon dévoile, un peu, son jardin secret

Il le fait aussi dans un livre qui marche plutôt pas mal, ce qui est rare pour un responsable politique . L’ouvrage a beau avoir un titre rébarbatif comme Fillon, enfin comme l’ancien Fillon, puisqu’il s’intitule « Faire », il s’est déjà vendu à plus de 30 000 exemplaires. Quand on sait que Cécile Duflot ou Jean-Christophe Cambadélis n’ont pas atteint 1000 exemplaires avec leurs récents bouquins, on mesure le succès.

Dans ce livre, Fillon égratigne un peu Sarkozy, ce « plébéien teigneux, vulnérable aux humeurs de l’opinion » comme il dit. Ce n’est rien, ou si peu, au regard de ce qu’il en pense vraiment. Mais c’est justement pour ça que les gens l’achètent. Parce que si Fillon intéresse de nouveau l’électorat de droite, c’est sans doute que celui-ci cherche désespérément une alternative au retour de Nicolas Sarkozy. Fillon, l’anti-Sarko rigolo, voilà un bon créneau pour gagner la primaire, non ?

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