Ce dimanche, il donnait sa première grande interview de ministre de l’Intérieur au JDD, qui lui consacre même sa Une. Assisterait-on à l’éclosion d’une nouvelle star au gouvernement ?

Ça se pourrait. Depuis le début du quinquennat, Christophe Castaner connaît une ascension météorique. Qu’on l’aime ou qu’on s’en moque, c’est une des rares personnalités du gouvernement qui ne laisse pas indifférent. Sa marque de fabrique, vous la connaissez : une bonhomie naturelle, des références méridionales revendiquées et un zeste d’humour disons imprévisible. De quoi faire parfaitement avaler sa récitation zélée des éléments de langage présidentiels. Emmanuel Macron en raffole. Pourtant, rien n’était gagné pour cet élu de Forcalquier, longtemps méprisé au PS pour ses gourmettes en or et sa faconde de sudiste. 

Oui, mais Christophe Castaner a misé sur le bon cheval

Il a été un des premiers à rejoindre Emmanuel Macron dans son épopée présidentielle. Au départ, le premier cercle des macronistes le regardaient d’un air méfiant. Puis, ils ont fait la connaissance du « style Casta ».   Relance : Justement, le style Castaner à Beauvau, ça donne quoi pour l’instant ?   Dès sa première interview, Christophe Castaner a montré qu’il connaissait ses classiques macronistes par coeur. Dans un raisonnement très « en même temps », il a réclamé plus de reconduites à la frontières, mais aussi plus de centres d’accueil pour les demandeurs d’asile. Sur le terrorisme, il veut cibler en priorité les radicalisés les plus instables, sans négliger ceux qui apparaissent moins dangereux. Et puis, il a pensé à cocher la case de l’exemplarité, vieille promesse de campagne d’Emmanuel Macron. C’est pour ça qu’il propose de supprimer la protection policière accordée à vie aux ex-ministres de l’Intérieur.   

Quel rôle politique peut-il jouer dans les mois à venir ?   

Christophe Castaner est le premier flic de France, mais il est surtout en train de devenir le premier lieutenant d’Emmanuel Macron. Pendant que Gérard Collomb trahissait, que Richard Ferrand s’occupait d’immobilier et que Benjamin Griveaux pensait à Paris, le "kéké de Forcalquier" a montré sa fiabilité. Attention quand même à ce que sa décontraction ne lui joue pas des tours. Quand on parle sécurité, il est assez mal vu de se laisser aller à des plaisanteries douteuses. S’il veut réussir à Beauvau, le ministre devra donc éviter de multiplier ce qu’on appelle désormais les « castâneries ».

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