Au Japon, cela fait quelques minutes que Nicolas Sarkozy représente la France à l’intronisation de l’empereur Nahurito. Et devinez au nom de qui est-ce qu’il le fait ? Emmanuel Macron, évidemment.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive au palais impérial pour assister à la cérémonie de proclamation de l'empereur japonais Naruhito le 22 octobre 2019 à Tokyo, au Japon.
L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive au palais impérial pour assister à la cérémonie de proclamation de l'empereur japonais Naruhito le 22 octobre 2019 à Tokyo, au Japon. © Getty / Pool

Initialement, c’est Édouard Philippe qui était censé se rendre au Palais impérial de Tokyo. Mais le président est actuellement en tournée à Mayotte et à La Réunion, à 8 000 kilomètres de Paris. Et il a jugé qu’il valait mieux que son Premier ministre reste sur le territoire métropolitain en son absence.

Pourquoi est-ce que c’est Nicolas Sarkozy qui a été mandaté par Emmanuel Macron, et pas Jean-Yves Le Drian, par exemple, le ministre des Affaires étrangères ?

Pour deux raisons. Et comme souvent, il y a d’abord l’explication officielle. Et puis il y a ensuite l’explication un peu plus officieuse. 

Pour ce qui est de l’officiel, si Nicolas Sarkozy a été envoyé sur place c’est parce que la France souhaitait faire preuve de « respect » vis-à-vis du Japon. Et donc être représentée par une personnalité de très haut rang protocolaire. Un ancien président. Mais en réalité, Emmanuel Macron sait qu’en agissant ainsi avec son prédécesseur il le flatte. Et que flatter Nicolas Sarkozy ça présente plusieurs avantages. D’abord, ça permet de s’éviter un ennemi, dont le pouvoir de nuisance est encore considérable sur la scène politique. Et ensuite, cela permet de continuer à bloquer la reconstruction de la droite. Parce que le parti LR est ainsi fait que tant que Nicolas Sarkozy n’adoube personne, et bien personne ne peut émerger. Et tant qu’il s’entend bien avec Emmanuel Macron et bien… Il n’a aucune raison d’adouber qui que ce soit.

La relation n’est donc pas désintéressée ni d’un côté ni de l’autre. 

Et François Hollande, ça en est où ?

Avec François Hollande, pour le coup, c’est tout le contraire. Les deux hommes se sont côtoyés presque quotidiennement entre 2012 et 2017. Mais depuis l’élection présidentielle, ils ne se voient plus. Ils se contentent de se croiser lors des cérémonies officielles, comme les obsèques de Jacques Chirac, par exemple. Mais même là, ils ne se parlent pas, c’est à peine s’ils échangent quelques mots. 

Et pourtant : une fois n’est pas coutume, François Hollande a lui aussi été sollicité par Emmanuel Macron pour le représenter au Japon. Mais le socialiste a préféré décliner, pour « raisons d’agenda ». D’où ce commentaire acerbe d’un macroniste : « Il n’était déjà pas à la hauteur en tant que président. Il ne l’est pas non plus en tant qu’ancien président ».

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.