C’était en 2016, Emmanuel Macron parlait de « laïcité revancharde », et de ceux qui voulaient, selon lui, en faire "une arme contre un monothéisme", en l'occurrence "la religion musulmane". C’était dans Marianne. Depuis, on a entendu son discours sur le séparatisme, il y a trois semaines, plutôt ferme.

Et qui s’est encore durci depuis l’assassinat de Samuel Paty, Macron assurant que la peur allait  « changer de camp ». 

Un peu comme Hollande, il a adopté un ton plus offensif au fil du temps. Hollande allant, jusqu’à proposer la déchéance de nationalité, mesure qui procédait plus de la réponse à l’émotion que de la lutte concrète contre le terrorisme. Et qui en avait en avait irrité alors plus d’un dans son camp, y compris à l’époque Emmanuel Macron.

Est-ce que l’expérience du terrorisme à l’Elysée change un président ?

Peut-être que d’une manière globale, le métier de président de la République rend plus ferme sur le plan régalien. Les notes des services de renseignement, sur le bureau, les familles des victimes dont il faut prendre soin, tout cela dissipe rapidement l’idée selon laquelle le monde est fait de tendresse.

La déconnexion des réalités de certains milieux médiatiques parisiens est difficile à tenir à l’Elysée. Je pense par exemple à cet article du Monde il y a deux semaines consacré aux travaux de Jean-Pierre Obin sur l’islamisme à l’école et qui était titré : _« Garder le sens des proportions »_

Cela dit, à bien y regarder, les évolutions de l’un et de l’autre, Macron et Hollande, sont surtout des changements de ton.

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