De qui s'agit-il ? Je vous laisse deviner... Tous les matins, il lit attentivement les journaux. Il est drogué à l'actu qu'il dévore sur son smartphone. Il commente chaque déboire de la droite ou de la gauche. Il donne son avis sur les interventions médiatiques des ministres à qui il distribue bons et mauvais points. Il est influent, très puissant, il a même les codes nucléaires... Alors Catherine, Eric, vous avez-deviné ?Le président de la République ?! Et oui ! Preuve à l'appui, je vous propose une petite typologie du commentaire présidentiel extraite de son dernier édito en forme de conférence de presse. C'était jeudi, à l'Elysée.D'abord, il commence par disserter sur ce que font les autres :

Quelques phrases plus tard, décidément tout va bien :

Etape suivante, le président glose sur ce que la presse dit de lui. Mais comme il co nsidère qu'il est meilleur analyste que les journalistes, il commente lui-même son action et puise dans les archives de sa campagne électorale pour étayer ses commentaires :

Le meilleur pour la fin, le président commente... ce qu'il vient à peine de dire. La boucle est bouclée!

Ça s'appelle une mise en abîme. Si le président commente, que reste-t-il aux commentateurs?!Ils commentent des commentaires, du commentateur en chef qui lui-même commente ses propres commentaires, ou d'autres commentaires de commentateurs qui les ont eux-mêmes commenté... Bref, on s'y perd. En plus d'être indigeste, la conséquence nuisible pour le président, c'est que sa parole perd en efficacité. Elle n'a plus de pouvoir. Avec ses mots, le président ne décide pas, il n'agit pas. Le chef de l'Etat disserte et se met au même niveau que ceux qui sont censés faire l'exégèse de son action.Et comme on oublie l'édito de la veille en lisant ou écoutant celui du lendemain, on ne retient pas les mots du président. Vous vous souvenez tous du « je vous ai compris » du général de Gaulle, des « forces de l'esprit » de François Mitterrand et même du « casse-toi pauvre con » de Nicolas Sarkozy. Après deux ans et demi de mandat, Hollande n'a pas encore marqué avec ses mots.Ce n'est pas faute d'avoir beaucoup parlé et commenté. Et même si ça ne marche pas, il fait des émules. Après avoir annoncé son retour dans un long message sur Facebook, Nicolas Sarkozy était hier soir à la télé... Je vous le donne en mille... pour commenter sa propre déclaration! Dites moi Eric, vous ne voulez pas leur proposer une chronique !

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