La malédiction du Fouquet's poursuit Nicolas Sarkozy. Il a beau faire, l'image de « l'ami des riches » lui reste collée à la peau.

Le Fouquet's à Paris
Le Fouquet's à Paris © Radio France / Jef-Infojef

Vous avez peut-être vu passer ce petit écho dans la presse : «la Firme» est de retour !

« La Firme », ce sont les vieux grognards, les Tontons flingueurs du sarkozysme, Brice Hortefeux, Pierre Charon, Frédéric Lefebvre, tous ceux qui auraient égorgé pour lui père et mère... et si possible Rachida Dati. Figurez-vous qu'ils se sont tous retrouvés lundi dernier. Devinez où ? Au Fouquet's !

Pas sûr que Sarkozy ait beaucoup apprécié la blague, pile au moment où il lance une grande opération « mea culpa » pour expier ses fautes du passé. Il l'a dit vendredi dans Le Parisien : oui il a commis des erreurs, non il n'aurait jamais dû dire « casse-toi pauvre con ». Il l'a bien compris, le principal obstacle à sa réélection, ça n'est pas la justice, ça n'est pas son bilan, c'est lui-même !

Il y a aussi toutes les images du début de son mandat : le Fouquet's, le yacht de Bolloré, le « bling-bling ».

Alors, il est temps de tordre le cou à une légende urbaine et de rectifier une erreur historique, oui, j'ose le mot ! Non, le Fouquet's n'a jamais été le restaurant fétiche de Nicolas Sarkozy ! Il y a même passé la pire soirée de sa vie le 6 mai 2012 : son couple avec Cécilia était en train d'exploser. Non, sa cantine préférée, c'est... le trois étoiles du palace du Bristol, à deux pas de l'Elysée. Il l'a dit aussi aux lecteurs du Parisien , quitte à flanquer par terre son opération de communication: « Le Fouquet's, j'y vais jamais. Je vous conseille plutôt le Bristol ». 320€ le menu, tout de même. Quand il était président, il y allait souvent pour déguster des macaronis farcis à la truffe noire. 95€ le plat, tout de même.

J'ai retrouvé dans mes notes une confidence qu'il m'avait faite début 2011 : « le 1er janvier, on est allé se taper la cloche avec Carla. On est parti au Bristol comme papi et mamie, à pied ! »

Au fond, Sarkozy a-t-il vraiment changé ? En tout cas, il veut bien faire son mea culpa, mais pas sur son train de vie. D'ailleurs, il continue à donner des conférences rémunérées. Et ses adversaires ont bien compris que c'était un angle d'attaque. Prenez François Hollande, il laisse dire qu'il éteint toutes les lumières le soir à l'Elysée, comme De Gaulle qui payait son tube de dentifrice. Bruno Le Maire, lui, il répète qu'il n'a pas de fortune personnelle, puisque son père avait tout investi dans Eurotunnel. Le « fric », vous l'avez compris, ce sera aussi le nerf de la guerre de la présidentielle.

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