Par Renaud Dély

Alain Juppé
Alain Juppé © Getty / Romain Perrocheau

Ça y est, ils sont 7 candidats à la primaire. Fillon a cogné d’entrée en tapant comme un sourd sur les casseroles de Sarkozy. Et depuis, tout le monde prédit que le grand débat d’idées va vite tourner au pugilat, à la boucherie, au combat de boue. Pourtant, dans cette compétition des primaires, figurez-vous qu’il y aurait un candidat poète…

Le « poète », c’est ainsi qu’un responsable des Républicains s’est mis à surnommer Alain Juppé !

Certes, Juppé est un grand lettré, normalien, agrégé de lettres classiques. Jeune, il avait même pris un pseudo pour publier des poèmes dans le journal de son lycée. Il a rechuté une fois bien plus tard, lorsqu’il s’est piqué d’écologie, et du réchauffement climatique, en publiant un livre au titre étrangement poétique : Je ne mangerai plus de cerises en hiver.

Mais depuis, la poésie lui est un peu passé… Donc ne vous emballez pas Alain Juppé ne va pas passer la campagne des primaires à écrire des aubades !

Non, si un de ses plus proches soutiens s’est mis à le surnommer « le poète », c’est qu’il juge Alain Juppé, un peu « irénique ». Le maire de Bordeaux serait un doux rêveur parce qu’il s’accroche à ce fameux concept d’ « identité heureuse » que Nicolas Sarkozy ne cesse de moquer.

Alain Juppé n’est pourtant pas tombé de la dernière pluie, c’est le moins qu’on puisse dire. Rappelons qu’il a 71 ans et que la première fois qu’il a été nommé ministre, Reagan était à la Maison Blanche et Gorbatchev au Kremlin. Pourtant, plusieurs de ses proches s’étonnent de sa grande « candeur politique ». Une forme de naïveté que Juppé pourrait payer cher face à Sarkozy.

Quand on le lui fait remarquer, Juppé s’énerve. C’est bien simple, la simple évocation du nom de Sarkozy lui fait péter les plombs. C’est ce qui lui est arrivé mardi à Strasbourg lorsqu’il a copieusement engueulé une poignée de journalistes qui avaient osé prononcer le nom de son rival.

On se souvient du « chanteur énervé », c’est Renaud. Le chanteur qui a d’ailleurs dit que s’il votait aux primaires, il soutiendrait François Fillon. Avec Juppé, voici donc le poète énervé. Et sous les coups de boutoir anxiogènes de Sarkozy, la primaire de la droite pourraient bien finir par ressembler à un cercle de poètes disparus…

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