Il va falloir à Manuel Valls un stage de Yoga, du Taï-chi, un peu de réflexologie plantaire et une séance chez Boris Cyrulnik. Car avec la majorité parlementaire qu’il traîne comme un boulet, il va lui falloir de la patience. Le sujet, vous l’avez compris, ce sont les plans d’économies alternatifs proposés par ses amis du PS. Et qui relèvent de la grosse farce. Le premier propose de descendre de 50 à 35 milliards d’économies. Il s’agit des onze abstentionnistes de la question de confiance (des aubrystes, comme Jean-Marc Germain, des membres de l’aile gauche du parti, comme Pascal Cherki)

Ils n’ont sans doute pas bien compris l’enjeu du moment, le problème des déficits, et pas seulement les exigences de Bruxelles. La perspective d’atteindre rapidement les 100% de dette par rapport au PIB ne les affole pas. Bienvenue dans le monde merveilleux des Bisounours, où, il n’y a pas de problème.

Le deuxième groupe, emmené par Karine Berger et Valerie Rabault, rapporteur général du Budget, propose lui de garder les 50 milliards, mais différemment, à leur manière. Et en fait, c’est encore pire. Parce que ce ne sont pas de vraies économies. Ce qui est proposé, c’est d’abord de décaler l'application du pacte de responsabilité, c’est à dire des baisses de charges, à 2016. Ou bien par exemple de plafonner, le crédit d'impôt recherche. Ce qui est proposé, ce n’est pas de faire des économies, ce n’est pas de faire baisser la dépense, mais plutôt de maintenir les prélèvements sur les entreprises, voire de les augmenter.

C'est merveilleux, car on fait comme s’il n’y avait pas de problème de compétitivité en France… Comme si la France n’affichait pas le deuxième plus haut taux de prélèvements obligatoires de l'OCDE, derrière le Danemark.

Mais c’est surtout la logique qui est incroyable. On confond baisses de dépenses et hausses de recettes. Déjà, les soit-disant plans d’économies de la fin du quinquennat Sarkozy entretenaient cette confusion, car c’étaient essentiellement des hausses d’impôt. En fait, c’est une maladie française. Dans le jargon de Bercy, au ministère des Finances, on utilise l’expression « dépense fiscale ». En somme, toute réduction d’impôt est une « dépense fiscale ». En clair, prélever un peu moins, ce serait offrir. Et ce qui reste après la ponction ne serait que le fruit d'une formidable générosité. C’est surréaliste, mais c’est ainsi. Après tout, c’est la crème de nos experts en fiscalité qui ont inventé cette expression. Et comme disait Francis Blanche, « Un chameau, c'est un cheval dessiné par une commission d'experts » .

Entre les petits génies de Bercy et les archéos de son propre camp, qui ont élevé la dépense publique au rang de principe quasi-religieux, on souhaite bien du plaisir à Manuel Valls !

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