La droite française vient de commémorer, plutôt discrètement, le premier anniversaire d’un événement historique, l’élimination de son candidat dès le premier tour de la présidentielle.

Laurent Wauquiez : l'épouvantail de la droite
Laurent Wauquiez : l'épouvantail de la droite © AFP / Eric Feferberg

Par Renaud Dély.

C’était la première fois en cinquante-deux ans et dix scrutins élyséens. Un an après, sa situation n’en finit pas de se dégrader et les divisions toujours plus profondes continuent d’inciter militants, cadres et élus à prendre leurs distances. Pourtant, comme après chaque défaite, pour ressouder les troupes, la droite avait commencé par se doter d’un nouveau leader fort, incarnant l’autorité. Mais pour la première fois, le culte du chef, qui marche toujours bien à droite, ne semble pas fonctionner avec Wauquiez.  

Et ça, c'est la faute du patron : d’abord parce qu’il ne parvient pas à instaurer la confiance au sein de sa propre famille politique. Si vous voulez récolter des vacheries sur Wauquiez, rien de plus simple, il suffit de sonder les dirigeants de LR jusque dans les instances qui lui sont les plus proches. C’est spectaculaire ! 

Ensuite, sa stratégie qui consiste à coller sans vergogne au Front National ne fonctionne pas. Elle déstabilise son parti sans gêner celui de Marine Le Pen. Pire, elle conforte le FN en semblant lui donner raison. On l’a encore vu lors des débats sur la loi Asile-Immigration où les députés LR ont rivalisé avec l’extrême droite défendre des amendements toujours plus musclés. 

Et le fameux précepte de Jean-Marie Le Pen selon lequel « les électeurs préfèrent l’original à la copie » n’a jamais semblé aussi juste. Un récent sondage a montré qu’en cas de présidentielle, Marine Le Pen obtiendrait 23 % des voix, soit deux points de plus que l’an dernier, et Laurent Wauquiez seulement 8 %, c’est-à-dire 12 points de moins que Fillon !  

Où sont passés les électeurs de droite ?   

Chez Macron. Qui progresse justement de 12 points ! Parce que pendant Laurent Wauquiez s’épuise à imiter le FN sur les thèmes régaliens - la sécurité, l’immigration, l’islam - il se fait piller ses soutiens par le gouvernement sur les sujets économiques et sociaux. Les électeurs de droite applaudissent le pouvoir lorsqu’il fait évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou la fac de Tolbiac, mais plus encore sa réforme de l’ISF ou de la SNCF. 

Un député de droite assez déprimé me résumait le cas Wauquiez la semaine dernière avec une image plutôt rude : 

On croyait avoir choisi comme chef un aspirateur à électeurs ; on a désigné un épouvantail…

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.