Les européennes démarrent dans un mois et pour la tête de liste de la République en marche Nathalie Loiseau, ce n'est pas simple de faire campagne dans le contexte actuel...

Ce jeudi, Nathalie Loiseau devait présenter son programme Mais c'est le jour choisi par Emmanuel Macron pour tenir sa conférence de presse.  Résultat, il faudra attendre le 9 mai pour avoir le projet précis. C'est 17 jours seulement avant l'élection. Les politiques disent souvent  « parlons des idées avant les personnes ». Là, ce sera le contraire. Soyons juste: ce n'est pas à cause de Nathalie Loiseau. Ce retard est dû à l'incendie de Notre-Dame qui a tout gelé, mais il est aussi dû à Emmanuel Macron, qui a rallongé, au maximum, la sortie du grand débat. Du coup, en privé, certains marcheurs commencent à rouspéter. Ils trouvent que cela ne laisse pas assez de temps pour faire campagne. L'un des candidats sur la liste confie:  

On ne voudrait pas parler d'Europe qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Comment Nathalie Loiseau fait campagne dans ces conditions ?  

Elle va attendre jeudi soir, et l'allocution du président, pour relancer la machine. Elle ira à Lorient, à Brest, à Saint-Brieuc. Pour parler de la pêche et des conséquences du brexit. Sa situation n'est pas dramatique. Elle est en tête dans les sondages, à touche touche avec le Rassemblement National. Elle a gagné en notoriété. Elle est très bien acceptée dans son camp. Mais ce n'est jamais bon d'être statique. On est obligé de réagir aux événements. Hier soir, Mediapart s'est intéressé au passé de Nathalie Loiseau et a débusqué qu'elle avait figuré à Sciences po, quand elle était étudiante, sur une liste avec des gens d'extrême droite. Ce qui fait désordre quand on joue les remparts contre le nationalisme. Nathalie Loiseau, elle répond, qu'elle n'avait pas perçu les jeux politiques de ceux qui menaient la liste et qu'elle n'a pas participé à aucun acte.

Dans les sondages, elle est plébiscitée dans son camp, mais pas vraiment en dehors

C'est son point faible. Pour faire bouger les lignes, elle a besoin qu'on parle d'Europe, sa spécialité, et qu'il y ait une campagne. Mais, on l'a vu, ce n'est pas le cas.  Emmanuel Macron met le paquet sur la sortie du grand débat, car il est persuadé ça intéresse beaucoup plus les Français que les européennes. Et que s'il convainc l'opinion publique, jeudi, il en tirera, mécaniquement, des bénéfices le 26 mai. Cela donne des contradictions comme le fait que le président ne faisait aucune annone sur l'écologie dans son discours initial, celui qui a fuité dans la presse, alors que c'est un sujet majeur aux européennes. On verra si, après-demain, il corrige le tir.

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