Je voulais revenir sur cette fameuse petite blague. Je résume pour ceux qui auraient échappé ce week-end à cette information capitale : c'était lors d'un dîner, le président a salué Manuel Valls qui rentrait d'Algérie « sain et sauf, c'est déjà beaucoup ». Patatras, voilà Alger très fâché et le président obligé de platement s'excuser.

polémique autour de la boutade de françois hollande sur la sécurité en algérie
polémique autour de la boutade de françois hollande sur la sécurité en algérie © reuters

Je voulais prendre sa défense. Il faudrait peut-être savoir ! On ne peut pas un jour lui reprocher d'être trop terne, trop techno, bref pas assez rigolo, et le lendemain l'accuser de se prendre pour Raymond Devos.

C omme on est à la veille de Noël, je vous ai préparé un petit best of des plaisanteries hollandiennes.

On l'a un peu oublié, mais ce n'est pas la première fois que le président frôle l'incident diplomatique. Prenez sa dernière visite à Monaco. Notre Fernand Raynaud national n'a pas pu s'empêcher de faire une petite vanne au prince Albert. Il visitait une chaîne de fabrication de voitures électriques. Et soudain, on lui présente un prototype appelé « Volage ». Et là c'est plus fort que lui, impossible de résister : « Ce n'est pas parce que le prince l'a conduite, au moins ? » , lance François Hollande, dans une grosse blague potache.

Vous vous souvenez peut-être aussi de son trait d'humour sur les inondations à Lourdes ? « Votre saison est en croix, si je puis dire ». Sans parler de sa plaisanterie sur la succession du pape Benoît XVI : « Nous ne présenterons pas de candidat ».

Et ma blague préférée, c'était lors d'un déplacement en mars devant des agriculteurs. Il est question de fléaux agricoles :

Vous l'avez compris, François Hollande mérite bien son surnom de « Monsieur petites blagues ». Mais je voudrais quand même rappeler que ses prédécesseurs ne faisaient pas vraiment mieux en matière de gaffes. On s'en souvient à peine, mais Nicolas Sarkozy avait beaucoup vexé Angela Merkel en racontant qu'elle était «au régime mais se servait deux fois du fromage ! » Ou de Jacques Chirac, qui aurait carrément fait perdre les Jeux olympiques de 2012 à la ville de Paris, au profit de Londres, à cause d'une mauvaise vanne sur nos amis Britanniques : « On ne peut pas se fier à un peuple qui cuisine aussi mal » .

Sans parler de François Mitterrand, qui pouvait être extrêmement méchant. Comme lorsqu'il avait lancé, après avoir nommé Edith Cresson à Matignon : « Je lui avais dit qu'elle avait le devoir d'être impopulaire. Je ne pensais pas qu'elle réussirait aussi bien ! » Tout ça pour vous dire que dans un pays comme la France, où on tuerait pour un bon mot, François Hollande n'est que le digne héritier d'une longue tradition.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.