Nathalie Kosciusko-Morizet a dû quitter la direction des Républicains car elle n’était pas d’accord sur la ligne. Elle a reçu depuis un soutien inattendu, celui de la députée PS, Delphine Batho.

nathalie kosciusko-morizet suspend sa campagne à paris
nathalie kosciusko-morizet suspend sa campagne à paris © reuters

Elle est assez remontée, Delphine Batho ! Voilà ce qu’elle dit : « Cela tombe toujours sur les femmes ! Seules les femmes sont évincées ! ». On s’en souvient : Batho avait été sèchement remerciée du gouvernement parce qu’elle avait critiqué son budget, en baisse.

Alors aujourd’hui, elle se sent solidaire de NKM. Elle dit : au fond, plusieurs responsables de droite avaient critiqué, eux aussi, la ligne du « ni-ni » (ni FN, ni front républicain). Mais seule NKM a été exclue !

Pour Delphine Batho, c’est la preuve que les hommes politiques attendent des femmes qu’elles soient « dociles et souriantes ». Mais quand une femme pose un problème politique, c’est la porte ! Et sans ménagement !

Kosciusko-Morizet est assez d’accord. Je lui ai posé la question. Voilà sa réponse: « Les faits parlent d'eux-mêmes ! »

Elle n’est pas la seule à partager ce constat. Prenons une autre femme politique, Sandrine Rousseau. Elle est porte-parole des Verts. Elle a écrit un petit Manuel de survie à destination des femmes en politique. Elle aussi, elle dit que les hommes qui ne sont pas dans la ligne peuvent se permettre beaucoup plus de choses, sans conséquence. Tandis qu’à une femme, on ne pardonne rien !

L’ancienne ministre Roselyne Bachelot appelle ça le « syndrome du harem ». Elle explique que pour les hommes, en tous cas certains hommes, les femmes politiques seraient un peu comme des « favorites », qui peuvent être désavouées à tout moment.

La situation des femmes en politique s’est pourtant nettement améliorée. Grâce à la loi sur la parité. Par exemple, une charrette de Jupettes, ce ne serait plus possible aujourd’hui !

Et puis, évidemment, le sexisme n’explique pas tous les différends politiques, loin de là !

Mais il y a une réalité : pour les femmes, c’est très compliqué de DURER en politique. Les spécialiste du sujet font un constat : celles qui durent sont souvent les « filles de » : Martine Aubry, Marine Le Pen, Michèle Alliot-Marie… Donc, des femmes adoubées par leurs pères. Pour les autres, ce serait beaucoup plus compliqué.

Je cite encore Bachelot : pour les femmes, « la durée de survie est à peu près la même que sur une bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute ».

Quinze ans après la loi sur la parité, il y a encore du boulot !

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