Rapprochement entre Cédric Villani et le candidat écolo David Belliard : alors que l’on se rapproche de l’échéance des municipales, le premier tour est dans 83 jours, cette élection s’avère plus imprévisible que jamais.

Cédric Villani
Cédric Villani © AFP / Karine Pierre / Hans Lucas

La dernière séquence avait laissé une Anne Hidalgo en majesté, observant depuis l’Hôtel de Ville le flot de Parisiens convertis aux vertus de ses pistes cyclables, à la faveur de la grève des transports.

Rachida Dati créait, elle, la surprise en s’affichant dans un sondage Ifop à la hauteur d’un Benjamin Griveaux qui espérait pourtant gober toute une partie de l’électorat de droite. 

Quant au second marcheur de l’étape, Cédric Villani, il vivotait au-dessous de la barre des 15%  sans convaincre qu’il pourrait un jour s’installer dans l’ancien fauteuil de Jacques Chirac.

Mais ça, c’était avant…

Oui, il est désormais question de rapprochement pour le second tour entre Cédric Villani et un cinquième protagoniste, David Belliard. Un candidat écolo dont on parlait peu jusqu’ici car une bonne partie de ce qui est vert à Paris est déjà derrière Anne Hidalgo. 

Si les deux hommes parviennent à s’accorder sur les sujets sensibles, comme la police municipale armée défendue par Villani et rejetée par Belliard, leur « coalition pour le climat », est en mesure de rebattre les cartes. 

Elle peut s’affirmer comme une alternative pour tous ceux qui soutiennent la réduction de la place de la voiture menée par l’actuelle maire de Paris, mais n’adhérent pas pour autant à l’ensemble de sa politique. 

Pour donner une idée des rapports de force, Belliard est crédité d’un espace électoral de 12,5%.

Cette coalition n’est pas non plus une bonne nouvelle pour Benjamin Griveaux. 

Le même Griveaux a d’ailleurs accusé Villani samedi de « tourner le dos » au mouvement présidentiel. 

Pour que cette alliance se réalise, Belliard a en effet posé une condition : que Villani « clarifie sa position vis-à-vis du gouvernement ». 

Emmanuel Macron peut-il laisser faire ça ? 

Cédric Villani est « indébranchable » assure un député influent. Ce rapprochement qu’il tourne au fiasco ou se transforme en vraie dynamique soulève une question majeure :  

Vers où doit mener le progressisme dans sa déclinaison macronienne ? 

Faut-il poursuivre l’aspiration de la droite républicaine et à terme aller vers son grand remplacement, option que le chef de l’Etat favorise en restant ferme face aux grévistes ? 

Ou pencher pour une alliance libéralo-écolo, comme celle que tente de composer Villani ? 

A sa manière, le mathématicien est peut-être en train de construire une alternative au macronisme, à l’intérieur du macronisme. 

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