Par Nathalie Schuck

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Juste après les attentats, François Hollande a eu une idée qui pourrait peut-être changer la donne pour 2017...

Je vous raconte la scène : ça se passe quelques heures après les attaques du 13 novembre. Le Président de la République est à l'Elysée en train de concocter une révision surprise de la Constitution, pour y inscrire l'état d'urgence et la déchéance de nationalité. Et voilà qu'autour de la table, une idée fuse : et s'il consultait directement les Français sur cette réforme, et pas le Parlement ? Et s'il organisait un référendum ? Je vous livre cette confidence que je tiens du président en personne : « Oui, cette solution est possible, j'y ai pensé. On aurait eu plus de temps, c'était tout à fait envisageable » . Le temps, c'est bien le problème. Pour organiser un référendum, il fallait un mois, ça tombait pile pendant les régionales des 6 et 13 décembre. L'idée a donc été abandonnée, en tout cas pour l'instant.

Les sénateurs vont examiner le texte le 22 mars. Et s'ils changent la moindre virgule, il va repartir directement à l'Assemblée, et ça peut durer des mois et des mois. Un bon référendum, on n'en parle plus !

En clair, c'est un coup de génie ! Je sais que François Hollande est très impopulaire, mais j'ai du mal à imaginer les Français votant non à des mesures contre le terrorisme ! Ils sont 80% dans les sondages à être pour la prolongation de l'état d'urgence et la déchéance de nationalité. Ils ne comprennent même pas que les élus se crêpent le chignon. Et il faut arrêter de dire que les électeurs ne répondent jamais à la question posée, mais à celui qui la pose. J'ai regardé les chiffres : depuis 1958, il y a eu neuf référendums, dont deux seulement ont été rejetés. Bref, pour François Hollande, ce serait tout bénef ! Cela le remettrait en selle avant la présidentielle, ça écraserait toute contestation à gauche et ça fracturerait la droite puisque François Fillon et Alain Juppé sont plutôt contre cette réforme, et Nicolas Sarkozy pour. Une de mes sources à droite me disait : « un référendum, ce serait un coup politique magistral, il n'a plus rien à perdre, mais il n'osera pas ».

François Hollande invité du 18/20 de Nicolas Demorand
François Hollande invité du 18/20 de Nicolas Demorand © Christophe Abramowitz

Mais il ne faut jamais oublier une chose : François Hollande est un grand brûlé du référendum. Cela remonte à 2004 quand il était patron du PS. Il avait été sacré homme de l'année et, patatras, le référendum sur la Constitution européenne est passé par là. Il a appelé à voter oui, les Français ont dit non, et Ségolène Royal a été candidate à sa place en 2007. Et ça, ça l'a traumatisé !

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