Au Parti Socialiste, l’ambiance est tellement sombre que cette présidentielle pourrait bien marquer la fin du parti.

Siège du PS, rue de Solferino, pendant la campagne de 2006
Siège du PS, rue de Solferino, pendant la campagne de 2006 © Getty / Jean-Luc LUYSSEN

Par Renaud Dély.

On l’a annoncé bien des fois, et toujours à tort, Bernard-Henri Lévy enterrait il y a déjà dix ans ce qu’il appelait, reprenant un mot de Sartre, « un grand cadavre à la renverse » mais cette fois, ça sent vraiment le sapin. Alors si vous cherchez un logis coquet pour emménager, un logement certes un peu coûteux puisque situé en plein septième arrondissement de Paris, regardez du côté du 10, rue de Solférino. Il y a des mètres carrés de libre.

« Il n’y a plus personne, on dirait un vaisseau fantôme », me confiait cette semaine un dirigeant du PS qui continue d’aller assister, de temps à autre, aux réunions du bureau National. Le vaisseau socialiste prend l’eau de toutes parts et il n’y a plus grand monde pour écoper.

Le PS est supposé faire la campagne de son candidat, celui qui gagné la primaire, Benoît Hamon, mais au fond, « tout le monde ou presque fait semblant », explique un élu socialiste.

D’abord parce que Benoît Hamon a gagné la primaire contre l’appareil du parti et l’appareil lui a donc aussitôt tourné le dos. Ensuite parce que Hamon lui-même n’a pas recherché ce soutien.

« Benoît a peut-être un peu péché par orgueil… », reconnaît un député qui le soutient. Parce qu’il avait gagné la primaire en tapant sur le bilan du quinquennat, il a cru qu’il pourrait se passer largement du parti pour sa campagne. Dans les régions, les fédérations du PS ne se mobilisent guère.

Au sommet, chez les députés et ministres restés fidèles à François Hollande, nombre d’entre eux s’apprêtent à se ranger un à un derrière Emmanuel Macron. Fidèle d’entre les fidèles, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a indiqué qu’il voterait pour le candidat le mieux placé pour éviter un second tour Le Pen-Fillon. « Le Foll, c’est la boussole du cœur du parti », s’alarme un proche de Hamon. Ça veut donc dire qu’une sorte de vote utile risque de voir le jour dans les prochaines semaines au détriment du candidat PS. Surtout qu’alors que Bayrou s’est rallié sans coup férir à Macron, Hamon, Mélenchon et Jadot continuent de se chamailler pour gagner le droit d’arriver en quatrième position. Rue de Solférino, c’est le coup de grâce.

Certains sont tellement désespérés qu’ils préfèrent en rire : « Je crois, confie un député, qu’on va même réussir à s’engueuler pour savoir lequel d’entre nous éteindra la lumière en partant… »

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