Il reste un peu plus d’un an avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Et pour le président, la gestion du calendrier vire au casse-tête…

Voici une scène qui traduit bien le problème qui se pose à lui

Le 13 janvier, le gouvernement tenait un séminaire de rentrée pour étudier le programme des mois à venir. Ce jour-là, le président et son premier ministre, Jean Castex, demandent aux ministres qui ont un projet de loi dans les tuyaux de leur rendre un argumentaire sous huit jours pour défendre leur texte. Autrement dit, ils organisent la compétition entre eux, c’est un peu du darwinisme gouvernemental... Alors la ministre qui m’a raconté ça a rendu sa contribution en trois jours, histoire de figurer parmi les bons élèves ! Mais le problème, c’est que ni elle ni ses petits camarades n’ont reçu de réponse précise depuis.

Ça veut dire que le gouvernement ne sait pas ce qu’il va faire voter dans les prochains mois ?

Exactement, Macron du mal à se décider, alors que les textes se bousculent. L’un d’entre eux est déjà calé, c’est le projet de loi sur le climat. Mais il y a aussi, en vrac, la protection de l’enfance, le grand âge et la dépendance, le retour de la proposition de loi polémique sur la sécurité globale, le serpent de mer de la proportionnelle aux élections législatives, et pourquoi pas les retraites, tant qu’on y est… Bref, c’est l’embouteillage, et la crise sanitaire n’arrange rien parce qu’elle empêche de planifier sereinement le programme. Sans compter qu’il faut régulièrement voter d’autres textes pour prolonger l’état d’urgence sanitaire, qui permet d’adopter des restrictions de liberté.

Comment Emmanuel Macron va-t-il faire le tri ?

Il cherche des marqueurs pour la présidentielle. Pour lui, il faut faire en priorité les réformes que les Français vont retenir et mettre à son crédit. C’est simple sur le papier, mais compliqué dans les faits. Prenez les retraites, par exemple : si la réforme est enterrée, toute une frange de l’électorat le reprochera à Macron et la droite pourra cogner sans retenue. Mais ressortir ce texte du placard, c’est rouvrir un chantier explosif en pleine crise économique et sociale... A l’inverse, la proportionnelle serait assez facile à mettre en oeuvre, il suffit d’une loi ordinaire. Mais à l’Elysée, on craint que ça ne passe complètement au-dessus de la tête des Français… En tout cas il va falloir trancher, avec une certitude, c’est que Macron ne tiendra pas toutes ses promesses de campagne. Il aura toujours une excuse servie sur un plateau, c’est la crise du covid, mais le camp présidentiel ne veut pas qu’on l’accuse d’en abuser !

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