Par Jannick Alimi. Emmanuel Macron va se rendre à Davos au Forum économique mondial, dans le Puy de Dôme, il va recevoir le président de l’Argentine. A chaque fois, il fera un discours et vous vous demandez combien de temps ces discours dureront. C’est si important ?

Emmanuel Macron est un des présidents les plus volubiles de la Vème République. En Grande-Bretagne où le chef de l’Etat s’est rendu la semaine dernière pour renégocier les accords du Touquet, les journalistes anglais l’ont surnommé : Macron, on, on and on… Celui qui ne s’arrête jamais. Le 31 décembre dernier, ses vœux ont été les plus longs depuis le Général de Gaulle. Son discours de la Sorbonne sur l’Europe a duré près de 2 heures – tous ceux qui y assistaient s’en souviennent encore…  - Celui devant le Congrès à Versailles en juillet dernier quelque 90 minutes. Pendant la campagne présidentielle, son épouse Brigitte lui faisait souvent de grands gestes pour faire plus court !  

Et pourquoi une telle faconde ?  

Macron dont le mandat a commencé par une inflation législative inédite a besoin de convaincre, d’expliquer, de donner un sens à sa politique. Ses discours ont le but de déployer une pensée que Macron, lui-même, on s’en souvient, dit trop « complexe pour pouvoir être comprise par les journalistes »… Ce besoin de pédagogie est d’autant plus nécessaire que la plupart des ministres et des députés de La République En Marche, sont des spécialistes, des experts, des technos qui regardent le doigt quand le sage montre la lune…  

Où est le problème, alors ?  

Il ne faudrait pas que ces discours fleuve mènent ses auditeurs en bateau… Pour le moment, Emmanuel Macron fait, à peu près ce qu’il avait dit qu’il ferait… Mais sur quoi ont débouché ses discours en Grande Bretagne, à la Sorbonne ? Sur pas grand chose pour le moment… Alors, après sept mois de présidence, j’hésite à dire si les discours de notre président relèvent de la tragédie shakespearienne : « words, words, words » d’Hamlet revisités par Dalida et Alain Delon, « paroles, paroles, paroles », ou alors des « Mille et une nuits » où Shéhérazade pour éviter la mort séduit le prince persan en parlant, parlant toute la nuit. J’ai compté, voilà 255 nuits que Macron est à l’Elysée. Pour savoir si ses belles paroles sont de nature à lutter contre le chômage, réduire les inégalités, transformer la politique, rendez-vous dans… 746 nuits. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.