Pour beaucoup de parlementaires La République en Marche, un tournant social est plus que jamais nécessaire. Pour eux, le paquet de 10 milliards d’euros débloqué par le gouvernement n’est pas suffisant.

Pour certains, ces 10 milliards ne seraient même que de la poudre aux yeux ! La loi anti-casseur ? « Prévoir un fichier de suspects? On ne pourra pas voter cela », soupire un élu de la majorité. Sans parler des quotas d’immigration évoqués par Emmanuel Macron. La crise des Gilets jaunes rend la législature décidément inconfortable pour ces députés d’origine socialiste ou écolo qui voudraient plus de dépenses sociales. Certains comme Aurélien Taché, Guillaume Chiche, Emilie Cariou, Hugues Renson ou Matthieu Orphelin souhaiteraient même s’organiser. Mais ils ne font pas consensus au sein de la majorité. 

Certains députés continuent de rester droits dans leurs bottes

Ce sont les « libéraux », autre épine dorsale de la macronie. Pour eux, la réponse aux Gilets jaunes ne passe pas par plus de dépenses mais moins d’impôt. « Pas de redistribution possible sans production de richesses et équilibre des finances publiques», insiste Sylvain Maillard, député de Paris. Cet ex juppéiste est avec Amélie de Montchalin, Olivia Grégoire, Aurore Bergé ou Marie Guevenoux, un marcheur libéral. Leur influence a été facilitée par la présence de ministres-clés de même sensibilité comme Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin, à Bercy. Pourtant, des ministres de gauche, il y en a... Jean-Yves Le Drian, Christophe Castaner, Nicole Belloubet, Florence Parly, Mounir Mahjoubi. Et même auprès du chef de l’Etat, Philippe Grangeon qui a conseillé le PS et la CFDT.  

Mais pour Emmanuel Macron, quand ce n’est pas l’heure, ce n’est pas l’heure

Il l’a dit lors de ses vœux, dans sa lettre, lors des débats avec les maires: la priorité reste la compétitivité des entreprises. Pas question de revenir, avant son évaluation, sur l’ISF. Ni même sur la baisse de 5 euros des APL au nom de l’efficience  du secteur HLM.  Une façon pour le chef de l’État de donner des gages à l’Europe mais aussi, sur un plan plus politique, à cette partie des Républicains, de plus en plus rebutée par Laurent Wauquiez surtout avec le très conservateur François-Xavier Bellamy, en tête de liste

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